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[Municipales à Blois] Marc Gricourt en tête, la gauche majoritaire… les réactions avant une semaine décisive

Le premier tour des élections municipales 2026 à Blois n’a pas livré de vainqueur, mais il a dessiné avec netteté un paysage politique à la fois lisible et instable. Marc Gricourt arrive en tête, Malik Benakcha s’impose comme son premier concurrent pour le second tour, Blois en commun et Nicolas Orgelet se positionnent comme une force centrale, tandis que Marine Bardet (RN) franchit elle aussi le seuil des 10 %. À l’issue de ce scrutin, une donnée domine les réactions de la soirée : la gauche demeure majoritaire dans la ville, mais elle est face à des accords et désaccords que la semaine d’entre-deux-tours devra trancher. Les 8% de Gildas Vieira ne lui permettent pas de se maintenir, mais ils pourront compter dans les jours à venir.

élections Blois

Une participation sous les 50 %, un rapport de forces désormais fixé

Les résultats définitifs du premier tour font apparaître 29 027 inscrits, 14 495 votants, soit une participation de 49,94 %. On compte 156 bulletins blancs et 107 bulletins nuls. Les suffrages exprimés s’élèvent à 14 232.

Dans l’ordre d’arrivée, les listes obtiennent les résultats suivants : Marc Gricourt recueille 4 789 voix, soit 33,65 % ; Malik Benakcha suit avec 3 487 voix, soit 24,50 % ; Nicolas Orgelet rassemble 2 520 voix, soit 17,76 % ; Marine Bardet obtient 1 971 voix, soit 13,85 % ; Gildas Vieira totalise 1 150 voix, soit 8,09 % ; enfin Michel Vila, pour Lutte ouvrière, réunit 306 voix, soit 2,15 %.

résultats municipales Blois

Marc Gricourt en tête, mais sur une base plus étroite qu’espéré

Pour Marc Gricourt, le maire sortant, les « résultats sont satisfaisants », car ils « positionnent à Blois la gauche largement en tête ». L’édile n’a pas fermé la porte à une discussion avec Blois en commun, disposé à recevoir un appel de sa tête de liste, Nicolas Orgelet. « Ce qui est plutôt rassurant, c’est que, quand on additionne notre résultat et le leur, nous sommes largement majoritaires. » Marc Gricourt considère la possibilité d’une union qui n’a pas eu lieu avant le premier tour : « Il est évident que si nos amis écologistes avaient accepté, dès le premier tour, une liste d’unité, nous serions aujourd’hui, comme en 2020, élus dès le premier tour. »

Au final, le maire sortant n’a pas voulu préjuger seul de la suite : « Je ne prends pas seul les décisions. C’est une décision collégiale qui va se faire avec mes colistières et colistiers dès demain matin. » Et lorsqu’on lui a rappelé qu’il avait, au départ, fermé la porte à une alliance de second tour, il a simplement répondu : « Oui, mais nous sommes dans un autre contexte. »

Blois en commun transforme son implantation en levier politique

Le score de 17,76 % obtenu par Nicolas Orgelet constitue l’un des faits marquants de la soirée. Sans arriver au second tour en position de force autonome, Blois en commun s’installe néanmoins dans une place stratégique, à la fois électoralement solide et politiquement décisive.

Dans leur réaction, Nicolas Orgelet et Claire Mollière ont insisté sur cette légitimité acquise au soir du scrutin. « On voit qu’on représente plus d’un électeur sur trois à gauche », ont-ils déclaré. Ils ont également souligné être « en tête sur au moins deux bureaux de vote », y voyant la confirmation que « la proposition qu’on a incarnée, quand même, elle a résonné chez beaucoup de monde ».

Pour la suite, Nicolas Orgelet et Claire Mollière n’ont cependant annoncé aucune décision immédiate. Ils ont expliqué qu’un « groupe de négociateurs » avait été défini en amont pour travailler sur les différents cas de figure. « On avait défini les grandes tendances selon les scénarios, les grandes attentes des uns et des autres », ont-ils précisé, afin de permettre à ce groupe « de pouvoir travailler en fonction des grandes envies du groupe ».

À la question de savoir si des négociations avec Marc Gricourt seraient engagées, la réponse est restée ouverte : « On ne sait pas, on va voir. On va voir. D’ouvrir ou pas, d’appeler ou pas, de se maintenir ou pas… » La formule résume bien la position de Blois en commun au soir du premier tour : central dans le jeu, mais pas encore engagé publiquement dans un choix de fusion ou de maintien.

Malik Benakcha mise sur un désir de changement

Avec 24,50 % des suffrages, Malik Benakcha se place en deuxième position et entre dans l’entre-deux-tours en revendiquant une dynamique. Sa réaction est nettement offensive. « Déjà, il y a une vraie satisfaction. Aujourd’hui, il y a huit points à aller chercher. »

L’idée qu’il développe ensuite est simple : le premier tour aurait moins consacré une avance du maire sortant qu’il n’aurait révélé une volonté de changement. « Deux tiers des électeurs sanctionnent aujourd’hui Marc Gricourt », affirme-t-il, en appelant à agréger les voix des abstentionnistes et celles des électeurs d’autres listes. Il résume l’enjeu en ces termes : « Le sujet est assez simple : est-ce qu’ils veulent le changement ? »

Cette lecture du vote le conduit à refuser, pour sa part, toute logique de fusion. Mais elle le conduit aussi à attaquer très frontalement l’hypothèse d’un rapprochement entre les listes de gauche. Malik Benakcha met en garde contre ce qu’il qualifie de « tripatouillage ». Selon lui, « comme les uns et les autres ont expliqué qu’en aucun cas il y aurait fusion« , les électeurs pourraient « sanctionner ce type de comportement ». Il en tire une conclusion : « Soit ils le font, il y aura sanction, soit ils ne le font pas et tout est ouvert. » Cette manière de poser les choses vise à transformer l’entre-deux-tours en affrontement binaire entre continuité et alternance, en espérant capter une partie des votes non socialistes du premier tour.

Interrogé sur d’éventuels contacts avec d’autres listes, il recentre aussitôt son discours sur les électeurs : « Moi, je m’adresse aux électeurs. » Puis : « Les électeurs qui ont voté pour d’autres listes, qui peuvent se retrouver chez nous, qui veulent que ça change à Blois, peuvent voter pour nous, vont voter pour nous. » Il précise enfin que, « de manière républicaine », il appellera sans doute certains responsables, mais que « en tout cas il n’y aura pas de fusion, ça c’est clair ».

Une gauche qui reste majoritaire, mais dont l’unité n’a rien d’acquis

C’est peut-être le paradoxe central de ce premier tour : la plupart des réactions venues de la gauche convergent sur un diagnostic commun — Blois reste une ville majoritairement ancrée à gauche — mais elles ne convergent pas encore sur la forme politique que cette majorité doit prendre au second tour.

Cet ancrage est souligné par plusieurs intervenants. Cécile Caillou-Robert, pour le PRG, se réjouit que la ville « confirme son ancrage à gauche ». Yann Laffont, écologiste sur la liste Marc Gricourt, tient le même raisonnement : « Quand on fait l’addition de tous les scores, on constate que Blois reste une ville ancrée à gauche. » Mais à partir de ce constat partagé, plusieurs lignes apparaissent.

La première est celle d’un rapprochement jugé logique, voire souhaitable. Cécile Caillou-Robert estime ainsi qu’une alliance entre la liste de Marc Gricourt et celle de Nicolas Orgelet « serait la garantie de gagner l’élection ». Elle ajoute qu’à ses yeux, comme Blois en commun « n’est pas alliée avec La France insoumise », il n’y a « aucune difficulté » à envisager un accord.

La seconde ligne est exprimée avec encore plus de netteté par Yann Laffont. Pour lui, la désunion a été une erreur stratégique. Il rappelle qu’il avait précisément fait le choix de rejoindre la liste de Marc Gricourt parce qu’il pensait que « la désunion était une mauvaise stratégie ». Tout en reconnaissant la déception du score inférieur à 35 %, il souligne aussi la qualité des membres de Blois en commun, qu’il juge « intelligents, compétents et créatifs ».

Surtout, Yann Laffont estime qu’au fond, rien de substantiel ne s’oppose à une alliance. « Moi, je ne vois rien qui l’empêche », dit-il. Il avance même une quasi-identité programmatique : « Je pense qu’à 98 %, on a le même programme et la même volonté sur l’énergie, sur l’eau, sur les déchets, sur l’aménagement, sur les mobilités. » La seule difficulté possible tiendrait alors moins aux programmes qu’aux personnes, aux formes, aux mémoires de campagne ou aux ambitions.

Marine Bardet au-dessus de 10 %, Gildas Vieira en retrait

Sans être au centre des négociations probables, les autres résultats pèsent eux aussi dans le paysage du second tour. Marine Bardet (RN) atteint 13,85 %, un score commenté dans plusieurs réactions, souvent en lien avec la dynamique nationale du Rassemblement national plus qu’avec une campagne locale jugée peu visible. Yann Laffont juge d’ailleurs que Marine Bardet « n’a pas fait campagne ». De son côté, Gildas Vieira atteint 8,09 %, en dessous du seuil des 10 %. Il n’a pas été au cœur des scénarios évoqués à l’Hôtel de Ville ce dimanche soir par les autres listes.


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