[Municipales] Gildas Vieira entre proximité revendiquée et volonté de rupture

Jeudi soir, à Escale et Habitat, Gildas Vieira a tenu sa dernière réunion publique avant le premier tour des élections municipales. Dans une salle d’environ cent places, remplie, le candidat est venu défendre une ligne qu’il martèle depuis plusieurs semaines : celle d’une liste qu’il présente comme « citoyenne », sans étiquette, tournée vers le quotidien, et décidée à rompre avec la manière dont la ville est gouvernée depuis plusieurs mandats.

Une salle simple, un public attentif, un candidat debout, micro en main, et, derrière lui, une campagne qui entre dans ses derniers mètres. À quelques jours du vote, ce meeting avait surtout valeur de clarification : clarifier un positionnement, clarifier une méthode, clarifier une stratégie. Autour de Gildas Vieira, son binôme Thierry Marchand, Marie Garcia bien sûr, plusieurs colistiers et un fil conducteur très net : convaincre qu’il existe une autre offre possible à Blois.
Un candidat qui refuse les cases partisanes
Dès le début de son intervention, Gildas Vieira consacre une part importante de son propos à une question qui traverse manifestement toute sa campagne : où le situer politiquement ? Il répond en rejetant successivement plusieurs étiquettes. « On dit que Gildas est à gauche, non, je ne suis pas à gauche. Mais alors, tu es à droite ? Eh bien non, je ne suis pas à droite. Mais alors, tu es au centre ? On me dit parfois que je suis au centre parce que je suis quelqu’un d’assez modéré, mais je préfère dire que je suis sans étiquette. »
Le candidat ne se présente ni comme un homme neuf, ni comme un pur opposant de toujours. Il se présente comme quelqu’un qui a connu la machine municipale de l’intérieur et qui entend désormais en tirer une autre conclusion politique.
De l’ancienne majorité à la volonté de faire autrement
Le candidat revient sur son parcours personnel. Il raconte n’avoir pas cherché, au départ, à entrer en politique. « La petite histoire, c’est que je n’ai pas demandé à être au conseil municipal. » Il remonte à 2008, lorsqu’il dit avoir été sollicité une première fois par Marc Gricourt, avant de refuser. Puis, quelques années plus tard, il explique avoir accepté de rejoindre l’équipe municipale avec un intérêt particulier pour la vie associative.
Ce passage lui permet de se donner une légitimité : celle d’un élu qui a connu le fonctionnement de la majorité sortante, mais qui s’en est détaché. Il affirme ainsi n’avoir « jamais eu vraiment la main », les décisions étant selon lui concentrées ailleurs. « Tout se passait dans son cabinet du maire », dit-il, en faisant de cette critique du fonctionnement municipal un pivot de sa propre promesse politique. Gildas Vieira raconte à ce moment la fable du colibri. Elle lui sert ici à défendre l’idée d’un engagement progressif, à hauteur d’homme, contre la résignation. « On ne vit pas dans un monde juste, mais on peut prendre sa part », résume-t-il.
Une liste citoyenne
Le mot « citoyen » revient tout au long de la soirée. Il est au cœur du récit que Gildas Vieira cherche à imposer. Et selon lui, sa liste serait la seule à pouvoir revendiquer sérieusement cette qualification. « Moi, je ne sais pas tout. Je suis même très mauvais sur plein de choses. Par contre, j’ai de la chance dans ma vie : j’ai toujours su m’entourer. » En tant que maire, le candidat Vieira s’imagine comme un coordinateur. « Ce qui est intéressant pour moi, c’est que je sais faire travailler chacun dans son rôle », ajoute-t-il. Derrière ce discours, il y a une promesse de méthode : moins de verticalité, davantage de délégation, plus de travail collégial.
Le cœur de ville, point sensible de la campagne
Dans une salle loin du cœur de ville, Gildas Vieira a souligné qu’il était l’organe vital de la cité. Le diagnostic, d’abord. Le candidat parle d’un « centre-ville qui est en train de mourir » et refuse l’idée selon laquelle cette évolution serait inéluctable.« Il n’y a pas de fatalité », répète-t-il. Selon lui, d’autres villes comparables ont montré qu’un redressement était possible dès lors qu’une priorité politique claire est donnée au cœur urbain.
L’élu municipal affirme qu’il serait possible d’y injecter « entre 10 et 20 millions » et défend l’idée d’une action combinant travaux, redynamisation commerciale, baisse du coût des loyers et animation plus régulière. « Moi, je ne veux pas être le maire qui va faire des passerelles », lance-t-il.
Maire du quotidien
Cette idée du « quotidien » est sans doute le fil rouge le plus lisible du meeting. Gildas Vieira y revient à plusieurs reprises, parfois sous forme d’exemples très simples, presque domestiques : un logement inadapté, une personne âgée coincée dans un étage sans ascenseur, un caniveau à réparer, une difficulté administrative qui traîne. Dans le même esprit, il évoque les stages, les alternances, les premiers emplois. Il veut faire valoir que la mairie peut jouer un rôle de mise en relation, de levier, de facilitateur. « Aller négocier vos stages avec les entreprises, vos premiers emplois, ça, ça sera mon sacerdoce presque », affirme-t-il.
L’autre grand axe de cette réunion publique est la santé. Non seulement parce qu’elle revient dans le programme, mais surtout parce qu’elle apparaît comme l’un des fondements du binôme formé par Gildas Vieira et Thierry Marchand. Le médecin se présente comme quelqu’un qui dit tout haut ce que d’autres taisent. « Moi, je donne des noms, je dis des choses », affirme-t-il avant de se lancer dans une charge contre Christophe Degruelle.

Une critique frontale de la « méthode Gricourt »
Même lorsqu’il ne cite pas son adversaire principal à chaque phrase, Gildas Vieira construit son meeting contre Marc Gricourt. Celui-ci demeure, très nettement, le centre de gravité négatif du discours. Le candidat reproche au maire sortant de minimiser les difficultés de la ville, de ne plus voir ce que vivent les habitants, et de défendre un bilan déconnecté de la réalité quotidienne. D’un côté, une municipalité qu’il décrit comme centralisée, usée, concentrée sur son cabinet et sur des investissements symboliques. De l’autre, une équipe qui entendrait repartir du terrain, des usages, des difficultés ordinaires.

Cette opposition traverse toute la soirée. Elle structure sa critique du centre-ville, de la sécurité, de la gestion des problèmes de logement, et même de la capacité à répondre vite à ce qu’il décrit comme des demandes simples. En somme, Gildas Vieira n’oppose pas uniquement un programme à celui de la majorité sortante ; il oppose une manière de gouverner à une autre.


