Violences sexistes et sexuelles : nouvelle mobilisation lundi devant la préfecture de Blois

La Coordination féministe de Loir-et-Cher appelle à un nouveau rassemblement, lundi 15 juin à 18h, devant la préfecture de Blois. Dans un communiqué, les organisations signataires — CGT 41, Collectif des Droits des Femmes 41, FSU 41, NousToutes 41, Planning familial 41 et Solidaires 41 — demandent l’examen d’une loi dite « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Cette mobilisation locale s’inscrit dans le prolongement des rassemblements organisés après la mort de Lyhanna. Les précédentes mobilisations ont réuni plus de 150.000 personnes dans près de 200 villes en France, dont plus de 400 à Blois.
Au cœur de l’appel figure la proposition de loi n°2169, déposée à l’Assemblée nationale le 2 décembre 2025, visant à « lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants ». Le texte a été renvoyé à la commission des lois. Ces derniers jours, il est revenu dans le débat national. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a demandé son inscription à l’ordre du jour d’une session extraordinaire. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a également indiqué, à l’Assemblée nationale, que le Conseil d’État avait été saisi.
Pour la Coordination féministe de Loir-et-Cher, cette évolution constitue une avancée, mais ne suffit pas. Les organisations disent craindre que seules certaines mesures soient reprises, notamment dans le cadre d’un texte sur la protection de l’enfance, sans vote global de la proposition de loi ni moyens suffisants. Elles réclament donc l’examen de l’ensemble du texte.
Le communiqué s’appuie sur plusieurs données nationales. La CIIVISE estime que 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles. Les chiffres publics diffusés par le ministère chargé de l’égalité indiquent par ailleurs que 325 000 personnes âgées de 18 ans ou plus ont déclaré avoir été victimes de violences sexuelles physiques en 2023, dont 277 000 femmes. Sur le volet judiciaire, une étude de l’Institut des politiques publiques a également mis en évidence un taux très élevé de classements sans suite dans les affaires de viol traitées par les parquets sur la période 2012-2021, atteignant 94 % dans le champ étudié. Ces données nourrissent la demande d’une réponse plus globale, à la fois judiciaire, sociale, éducative et budgétaire.
Le communiqué évoque aussi plusieurs affaires récentes ou locales. La Coordination féministe se réjouit de l’évolution judiciaire de l’affaire Patrick Bruel, mis en examen le 10 juin pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel, faits qu’il conteste. Elle mentionne également le cas d’Éric Carnat, maire de Saint-Aignan-sur-Cher, mis en examen en 2023 dans une affaire de viols et d’agressions sexuelles présumés. L’élu nie les accusations et évoque un complot politique. Ces éléments doivent être rappelés avec la présomption d’innocence, qui s’applique à toute personne mise en cause.

