Marilyn Monroe

[MM – Episode 3] La descente aux enfers de Gladys Monroe

Blois Capitale vous propose de passer « l’été avec Marilyn Monroe » à l’occasion du 100e anniversaire de sa naissance. Retrouvez des articles sur la star hollywoodienne, toujours mythique, car elle est bien plus que cela. Vous n’avez pas fini d’être surpris >> Episode 3.


Intéressons-nous désormais à la mère de Marilyn Monroe, née Norma Jeane Mortenson. Gladys Pearl Monroe vit le jour le 27 mai 1902 à Ciudad Porfirio Díaz, ville mexicaine aujourd’hui appelée Piedras Negras, dans l’État de Coahuila. Elle était la fille d’Otis Elmer Monroe et de Della Mae Monroe, née Hogan. Sa naissance fut inscrite quelques jours plus tard dans le registre civil mexicain. Dès le printemps 1903, la famille quitta le Mexique pour gagner Los Angeles, où Gladys allait passer l’essentiel de son existence.

Acte de naissance de Gladys Monroe

À peine sortie de l’enfance, elle entra dans la vie adulte par un mariage. Le 17 mai 1917, dix jours avant son quinzième anniversaire, Gladys épousa John Newton Baker, généralement appelé Jasper ou « Jap ». Il avait vingt-six ans. Pour rendre cette union possible, Della déclara que sa fille était âgée de dix-huit ans. Un fils, Robert Jasper, naquit au début de l’année 1918, puis une fille, Berniece Inez Gladys, le 30 juillet 1919.

Le mariage ne résista pas longtemps. Le 20 juin 1921, Gladys demanda le divorce. Dans sa requête, elle accusait son mari de « cruauté extrême », d’insultes et de violences physiques. Jasper répondit en mettant en cause la conduite de son épouse. Le divorce ne devint définitif qu’en mai 1923.

Cette séparation fut aussi celle d’une mère et de ses enfants. En 1923, Jasper emmena Robert et Berniece dans son Kentucky natal. Ils y furent élevés par leur père et sa famille, loin de Gladys. Les récits divergent sur les démarches qu’elle entreprit ensuite pour les reprendre. Une chose demeure : elle ne parvint pas à reconstituer avec eux le foyer qui s’était défait.

« MA MÈRE A DÛ ÊTRE BLESSÉE PROFONDÉMENT. JE CROIS QU’ELLE NE S’EN EST JAMAIS REMISE. QUAND UN HOMME QUITTE UNE FEMME QUI LUI ANNONCE QU’ELLE EST ENCEINTE, LA DOULEUR DOIT ÊTRE TRÈS PROFONDE. » MARILYN MONROE

Durant l’été 1924, Gladys rencontra Martin Edward Mortensen, employé de la compagnie du gaz. Elle l’épousa le 11 octobre de la même année, mais le quitta environ quatre mois plus tard. Mortensen engagea une procédure de divorce en mai 1925. Le jugement définitif ne fut toutefois prononcé qu’en août 1928.

Au cours de l’année 1925, Gladys eut une liaison avec Charles Stanley Gifford (père biologique de Marilyn Monroe), qui travaillait lui aussi dans le secteur des laboratoires cinématographiques. Longtemps discutée, la paternité de Gifford a été confirmée en 2022 par une comparaison génétique rendue publique.

Norma Jeane naquit le 1er juin 1926 au Los Angeles General Hospital. Gladys étant encore légalement mariée à Mortensen, le nom de celui-ci fut inscrit sur l’acte de naissance. L’enfant fut enregistrée sous le nom de Norma Jeane Mortenson, même si elle porta couramment le patronyme Baker pendant son enfance et sa scolarité.

Les premières années de Norma Jeane ne se déroulèrent pas constamment auprès de sa mère. Les difficultés matérielles de Gladys, son travail et l’instabilité de sa situation l’amenèrent à confier l’enfant à différentes familles. Cette distance n’était pas un abandon : Gladys continua de voir sa fille et chercha, lorsque ses moyens le lui permirent, à lui offrir un foyer.

L’année 1933 marqua un nouveau tournant. Le 29 mai, Tilford Marion Hogan, le grand-père maternel de Gladys, se suicida. Moins de trois mois plus tard, le 16 août, Robert, son fils aîné, mourut au Kentucky à l’âge de quinze ans, d’une insuffisance rénale liée à la tuberculose. Ces deux décès s’ajoutèrent aux difficultés déjà présentes et aggravèrent vraisemblablement son état dépressif. Ils ne suffisent cependant pas, à eux seuls, à expliquer la maladie psychiatrique qui se manifesta par la suite.

Cette même année, Gladys tenta de reprendre sa vie en main et de réunir autour d’elle ce qui pouvait encore l’être. Elle acheta une maison au 6812 Arbol Drive, près du Hollywood Bowl, grâce à un emprunt. Norma Jeane, alors âgée de sept ans, vint y vivre avec elle. Pour alléger le poids des remboursements, Gladys loua une partie de la demeure. Parmi les occupants figuraient l’acteur britannique Murray Kinnell et son épouse, Henrietta Goodwin.

Pendant un temps, cette maison donna à la mère et à la fille la possibilité de vivre enfin sous le même toit. Mais l’équilibre demeurait fragile. Les charges financières pesaient lourdement sur Gladys, tandis que son état psychique se détériorait.

Marilyn raconta bien des années plus tard qu’en janvier 1935, alors qu’elle avait huit ans, Murray Kinnell lui avait imposé des attouchements sexuels. Elle affirma avoir tenté d’en parler à sa mère, qui ne l’aurait pas crue. Elle associa cet épisode à l’apparition de son bégaiement.

À la fin de 1934 ou au début de 1935, l’état de Gladys nécessita une prise en charge psychiatrique. Elle fut hospitalisée, puis transférée dans plusieurs établissements, notamment à l’hôpital d’État de Norwalk. Les biographies font état d’un diagnostic de schizophrénie paranoïde. Sa vie et celle de Norma Jeane se séparèrent alors de nouveau, cette fois sous l’effet de la maladie.

Grace McKee prit en charge l’enfant et s’occupa des affaires de Gladys. La maison d’Arbol Drive fut vendue, comme la plupart des meubles. Parmi les rares objets conservés figurait un piano blanc auquel Norma Jeane était attachée. Ana Lower, la tante de Grace, le garda pour elle.

Durant l’été 1935, Grace épousa Ervin Silliman Goddard, surnommé « Doc ». La nouvelle organisation familiale et les difficultés financières ne lui permettaient pas de garder durablement Norma Jeane auprès d’elle. Le 13 septembre 1935, l’enfant de 9 ans fut admise au Los Angeles Orphans Home Society.

Le mot « orphelinat » avait pour elle quelque chose d’insupportable : sa mère était vivante. Marilyn raconta plus tard avoir protesté devant la porte, répétant qu’elle n’était pas orpheline et qu’une erreur avait été commise. « Je ne suis pas orpheline ! J’ai une mère ! Ma mère n’est pas morte, c’est une erreur. Je ne veux pas y aller ! »


Norma Jeane fut enregistrée sous le nom de Norma Jeane Baker et reçut le numéro 3463. Derrière ce numéro demeurait pourtant une fillette de neuf ans dont la mère existait encore, mais ne pouvait plus s’occuper d’elle. Grace continua de lui rendre visite et ne devint officiellement sa tutrice légale qu’en 1937.

À partir de cette période, l’enfance de Norma Jeane se déroula au rythme des foyers, des placements et des séparations. La maladie de Gladys ne fit pas disparaître le lien entre la mère et la fille. Elle le rendit incertain, discontinu et douloureux — un lien réel, mais que ni l’une ni l’autre ne fut en mesure de vivre comme elles auraient pu l’espérer.



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Un commentaire

  1. On nous auras bien dupes sur le clan Kennedy ! Vulgaires,grossiers, sexistes, ils se livraient à des orgies de sexe au vu et au su de tous, y compris de leurs épouses…
    Elle est bien belle la légende du beau blond charismatique qui devint Président et de Bobby, procureur des US.
    Au jour d’aujourd’hui, on n’a de très fortes présomptions concernant la fin de Marilyn. Si les médias déclarent qu’elle est morte à 3h du matin, mais qu’en réalité elle l’était déjà à 23h, la veille donc, on ne peut que s’interroger. Tout comme le fait que l’on a nettoyé toute la maison avant de laisser entrer la police… Les Kennedy ont tout emporté. Tout document les liant à Marilyn a été détruit. Ne subsiste qu’une photo de l’actrice avec les 2 frères, le jour de l’anniversaire de JFK. Et Bobby a passé la dernière journée de Marilyn chez elle et ils se sont disputés violemment.
    Sacrée légende, oui…

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