Mary, itinéraire d’une voyante

Elle se présente sans effets. Un prénom, un âge, et un mot choisi avec prudence : “voyante”, plutôt que “médium”. Non pas pour tracer une frontière nette — elle concède que “c’est un peu la même chose” — mais parce qu’elle refuse l’étiquette qui sonne trop grande. Chez Mary, la voyance n’est pas un titre : c’est une pratique qu’elle dit avoir fini par accepter, presque malgré elle.
On comprend vite, en l’écoutant, que son histoire ne se raconte pas comme une carrière. Elle ne parle pas d’ambition, ni de vocation revendiquée. Elle parle d’une faculté qui s’impose, d’abord comme un bruit de fond, puis comme une présence, et enfin comme un engagement : celui de prévenir. “Mon but, dans mon cerveau, c’est de protéger”, dit-elle. Protéger, avertir, éviter les mauvais virages — sans jamais, insiste-t-elle, diriger la vie des autres.
Elle situe son enfance dans une famille déjà familiarisée avec ces univers : un père qui “faisait de la voyance” et une mère qui “faisait de l’astrologie”. C’est par eux, dit-elle, qu’elle trouve d’abord un langage, ou au moins un espace où poser des mots. Elle évoque aussi une sensation troublante : se retrouver dans certains lieux inconnus tout en ayant l’impression de les reconnaître, comme une mémoire antérieure.
Intuition, images, et “une voix”
Quand elle tente de décrire ce qui se passe en elle, Mary revient toujours au même noyau : l’intuition. Parfois des images, dit-elle, mais surtout une forme de message intérieur qu’elle appelle “une voix”. Pas besoin de calme, pas besoin de regard fixe. Mary utilise les cartes, mais elle affirme ne pas avoir appris de méthode. Ce qui frappe, chez elle, c’est l’importance donnée à la trace. Mary veut que les gens notent, consignent, et reviennent ensuite lui dire si ce qu’elle a annoncé s’est produit.
Une limite nette : “on n’a pas le droit” à la mort
Marie fixe une frontière morale et professionnelle : ne pas annoncer la mort. Elle dit pouvoir “la voir”, mais se refuser à le dire. Elle répète l’interdit : “On n’a pas le droit.” Sur la maladie, elle tient une position proche : ne pas asséner un mot, ne pas diagnostiquer. Elle dit qu’il lui arrive de sentir qu’une personne est malade sans le savoir, et dans ce cas elle alerte autrement : “Allez voir le médecin, faites vos examens. »
Dans la bouche de Mary, la voyance n’est pas un pouvoir, c’est un rôle de veille. Elle insiste : “On ne dirige pas la vie des gens.” Elle donne des informations, puis laisse l’autre décider.
Ce que les gens viennent chercher : amour, maisons, affaires, famille
Quelles sont les questions les plus fréquentes ? “Beaucoup sur le sentimental”, répond Mary. Couples, séparations, divorces, attentes… Viennent aussi des sujets très concrets, comme la vente d’une maison, choisir une direction. La famille bien sûr aussi : parents inquiets pour leurs enfants, enfants inquiets pour leurs parents. Cette voyante reconnaît que ce sont des consultations sensibles — parce qu’on peut entendre des choses qu’on ne voudrait pas entendre — mais elle dit chercher à ne pas laisser les gens “en pleurs”.
Elle dit avancer avec précaution, comme on marche sur une dalle fêlée : ne pas fracasser, ne pas asséner. Quand une nouvelle est lourde, elle explique qu’elle “enveloppe”, qu’elle prend le détour de la psychologie, qu’elle cherche les mots qui n’arrachent pas.
Dans sa façon de recevoir, il y a aussi une temporalité : la voix posée, le temps qu’on laisse au silence, l’attention qui apaise. Parfois, un café. Comme un geste simple pour ramener l’entretien à quelque chose d’humain, de tenable.
Et puis il y a l’argent, qu’elle refuse de maquiller en grand principe. Oui, la consultation se paie, dit-elle — parce que le temps a un prix, et parce que certains, aussi, peuvent abuser. Mais elle ajoute aussitôt une clause de conscience : si quelqu’un n’a rien, elle peut aider quand même, “par humanité”.
Mary participera à une soirée « Voyance » samedi 7 mars 2026 à partir de 18h30 chez Blois Capitale – 16 rue Emile Laurens – et jusqu’à 22 heures. Les places sont limitées, les réservations sont obligatoires via cette adresse : bloiscapitale@gmail.com. Il est également possible de réserver en boutique. Une participation de 10 euros est demandée. Mary recevra chaque participant et participante en consultation privée pendant 10 minutes.


