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Le pari d’un Grand Concert Royal pour servir le château de Blois

Le 12 septembre prochain, la cour du Château royal de Blois accueillera la première édition du Grand Concert Royal, avec Alain Souchon, Ours, Pierre Souchon, Camille Berthollet, Pascal Gallet, Christophe Mali, Eloïz, Madame Monsieur, Trois Cafés Gourmands, Sylvain Duthu, TIBZ, ainsi que Mathis Poulin et Tayazabeu pour l’ouverture. Derrière cette affiche qui mêle chanson française, pop, reggae, country et musique classique, les organisateurs défendent un projet plus large qu’une simple soirée musicale : faire du concert un rendez-vous populaire capable de contribuer, par ses recettes, à l’entretien et à la restauration du château. Le projet repose sur une idée assez nette. Le château ne doit pas servir seulement de décor prestigieux à une programmation artistique. Il doit aussi être le sujet même de l’événement, son centre de gravité, et son bénéficiaire à 100% pour une restauration du bâti.


À l’origine de cette première édition, on trouve Enzo Ramos, gérant fondateur de l’agence Zocom, qui explique avoir soumis cette proposition à la Ville et au château à l’automne 2025. Son intention, dit-il, construire un rendez-vous doté d’une logique propre. « Quand j’ai écrit ce projet, j’avais vraiment l’envie de faire un événement dans un lieu déjà exceptionnel, mais surtout de créer un festival qui avait du sens », explique l’entrepreneur.

Le pari consiste à associer une programmation accessible à un objectif de financement patrimonial, avec l’idée qu’un billet puisse valoir à la fois pour une soirée de spectacle et pour une contribution concrète à la conservation du château. Les organisateurs annoncent que 100 % des bénéfices seront reversés au Château royal de Blois. À ce stade des arbitrages budgétaires, Enzo Ramos estime que cela pourrait représenter environ 60 % du prix de chaque billet.

L’événement est en outre pensé comme un premier jalon plutôt que comme un coup unique. Les organisateurs disent déjà réfléchir à une suite, avec l’idée d’installer le rendez-vous dans le temps. « On veut vraiment qu’il devienne un festival connu et reconnu du grand public, pas simplement à l’échelle de la ville, du département ou de la région, et possiblement sur deux ou trois jours », confie Enzo Ramos.

Le château comme sujet et lieu de vie

Du côté de la Ville, Fabienne Quinet, adjointe à la culture et au tourisme, insiste sur la portée symbolique du lieu. Elle a décrit le Château royal de Blois comme « le phare de notre ville », à la fois « repère culturel » et « repère patrimonial », rappelant sa fréquentation annuelle de plus de 350 000 visiteurs. L’idée est ici de le faire « vivre » autrement : moins par la visite patrimoniale classique que par une expérience collective, populaire et nocturne.

Bastien Lopez, directeur et conservateur du château, est sur cette même ligne, car un château est historiquement un lieu d’accueil, de cérémonies et de musique : « Un château, c’est un lieu qui sert à rassembler, qui sert à accueillir du public, qui a été construit dès la Renaissance pour des fêtes, pour des grands événements, avec de la musique évidemment. » Faire entrer un concert dans la cour du château n’est pas une entorse à la vocation du lieu, mais une manière de renouer avec elle.

Les bénéfices pour le Château de Blois

C’est évidemment sur ce terrain que le projet sera le plus observé. L’annonce d’un reversement des bénéfices au Château royal de Blois constitue l’argument central du Grand Concert Royal. Fabienne Quinet parle d’un dispositif permettant aux habitants comme aux visiteurs de participer, par l’achat d’un billet, à « la sauvegarde d’un patrimoine ». Enzo Ramos – en tant que producteur – promet une « totale transparence » sur le produit final de l’opération. De son côté, la Ville a indiqué qu’elle communiquerait également sur l’affectation des sommes, une fois celles-ci stabilisées, en lien avec la direction du château. Fabienne Quinet a même évoqué l’hypothèse d’une délibération municipale pour affecter les montants à un poste précis de restauration. À ce stade, le ou les éléments du bâti qui pourraient être concernés n’ont pas encore été arrêtés.

Une affiche conçue pour tous les publics

Sur le plan artistique, le Grand Concert Royal revendique une ligne intergénérationnelle. Le choix d’Alain Souchon, entouré de ses fils Ours et Pierre Souchon, en constitue la clé de voûte. Pour Enzo Ramos, cette évidence s’est imposée presque immédiatement : « C’est vraiment la personne qu’il nous faut pour cette première édition ».

La programmation annoncée mêle des artistes de registres différents. L’intention n’est pas de juxtaposer des noms, mais de fabriquer des croisements. Le producteur évoque des « duos », des « trios », des « moments totalement inédits » conçus spécialement pour le 12 septembre. Selon lui, le concert ne doit pas être pensé comme « un concert d’enchaînement », mais comme une soirée construite, avec des rencontres artistiques imaginées pour ce rendez-vous. Un spectacle de lumière inédit doit accompagner le concert sur la durée de la soirée, projeté sur les façades du château. Les organisateurs y voient un élément important de singularisation. « On ne vient pas juste à un festival, juste à une soirée ordinaire », insiste Enzo Ramos, qui parle d’une soirée « 100 % immersive ».

La durée annoncée, pour ce Grand Concert Royal, est de trois heures à trois heures trente. Un format compatible avec un public familial. L’objectif est en effet de terminer autour de 23 heures. Les organisateurs disent aussi préparer une surprise finale…

Autre point notable : la place donnée aux artistes du territoire. Mathis Poulin et Tayazabeu assureront les premières parties de la soirée, à partir de 19 heures. Originaire de Villebarou, Enzo Ramos dit avoir tenu à mettre « absolument en avant notre scène locale », tout en reconnaissant qu’il était impossible d’intégrer davantage de groupes sans déséquilibrer l’ensemble.

Une billetterie déjà bien engagée

En cette mi-juin, entre 50 et 60 % des 3 500 places proposées, en configuration assise comme debout, sont déjà vendues (tarifs ci dessous). Plusieurs semaines avant le concert, ce niveau de réservation apparaît encourageant. Enzo Ramos dit avoir perçu, dès l’ouverture, « un vrai attrait » pour le concert, à la fois sur les réseaux sociaux et dans les premiers relais médiatiques. Il faudra évidemment attendre septembre pour mesurer si cet élan se confirme jusqu’au remplissage final. Mais ce démarrage tend au moins à montrer une envie. Ce qui est logique, car le Grand Concert Royal avance avec plusieurs atouts : un lieu immédiatement identifiable, une affiche qui mêle notoriété et diversité, une dimension familiale assumée, une place faite à la scène locale et, surtout, une promesse patrimoniale suffisamment forte pour singulariser le projet. Reste maintenant à transformer cette architecture en résultat pour le bénéfice du château et des Blésois·es.

>> Informations et billetterie : legrandconcertroyal.fr

>> Les tarifs : Debout 54,90 € | Moins de 12 ans : 29,90 € | Assis : 69,90 €


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