Participez au jeu d’écriture autour des photographies d’Éric Diot

Trois images. Trois atmosphères. Trois portes d’entrée vers l’écriture. Blois Capitale vous propose une expérience : écrire à partir d’une des photographies d’Éric Diot exposées en grand format, à la boutique, 16 rue Emile Laurens. Non pas écrire sur elles, mais écrire avec elles. Les regarder longtemps, s’y confronter, puis laisser venir les mots. Coup d’envoi ce jeudi 12 février, à 20h15, en présence du photographe et des « écrivants » des ateliers de David Di Bella (lire ici). Une soirée de restitutions des textes, lus à haute voix, sera proposée dans un second temps.
Sur une photographie vous verrez un visage, un buste, des mains, recouverts d’une texture minérale, presque reptilienne. Les mains dissimulent en partie le regard. Le fond rouge, intense, mosaïqué, semble vibrer comme une matière vivante. On ne sait pas si le personnage se protège ou se révèle. On ne sait pas si le rouge est chaleur, danger, colère ou énergie. La texture du corps évoque la pierre, l’écorce, la cicatrice. Le geste des mains est ambigu : cacher, étouffer, crier, respirer ? Le regard apparaît à peine, filtré entre les doigts. Cette image appelle des textes intérieurs. Des récits de métamorphose. Des monologues sur l’identité, la peau, la transformation. Elle invite à explorer ce que l’on montre et ce que l’on masque.
La deuxième photographie est en noir et blanc. Un paysage ouvert. Une route qui serpente vers l’horizon. Un ciel immense, ponctué de nuages massifs, presque théâtraux. L’espace domine. L’humain est absent. La route trace une ligne souple, presque élégante, qui coupe la plaine. On ne sait pas d’où elle vient ni où elle mène. Les nuages, eux, occupent une grande partie de l’image, sculptés par la lumière. C’est une image du mouvement et de l’attente. Elle appelle des textes de départ. Des récits de fuite ou de quête. Des méditations sur le choix, la direction, le passage. Écrire à partir de cette photographie, c’est peut-être se demander : où vais-je ? Ou : qu’ai-je laissé derrière moi ?
La troisième photographie est spectaculaire. Un ciel dense, presque dramatique, traversé par une lumière centrale qui semble percer la masse des nuages. Des tons sombres, presque nocturnes, entourent une percée lumineuse aux nuances chaudes et bleutées. On pense à une éruption céleste. À une naissance. À une déchirure dans le ciel. La lumière ne s’impose pas doucement : elle surgit. Elle ouvre. Elle fend. Cette image appelle des textes cosmiques. Des récits d’effondrement et de renaissance. Des réflexions sur la révélation, la traversée, l’éclair de lucidité. Elle peut devenir métaphore d’un moment charnière : une décision, une crise, une révélation.
Écrire dans le dialogue avec l’image
Vous l’avez compris, le principe est simple : chacun·e choisit l’une des trois photographies, en emporte une trace, et écrit. Aucun format imposé. Aucun thème obligatoire. Une création littéraire personnelle, née du dialogue entre le regard et l’imaginaire.
Puis vient le temps du partage. À voix haute, les textes seront lus (la date de cette soirée de restitutions à haute voix est encore à définir). Une même image donnera naissance à des récits radicalement différents. Certains verront dans le visage fragmenté une douleur intime ; d’autres, une puissance contenue. La route deviendra pour l’un une fuite, pour l’autre une promesse. La lumière dans les nuages sera apocalypse ou délivrance. C’est là toute la richesse du dispositif : montrer que l’image n’est jamais unique. Elle se transforme au contact de celles et ceux qui la regardent.

