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Vous n’allez pas au ski ? Vite au Théâtre ! à Blois

C’est l’histoire d’un festival de théâtre qui, année après année, s’est installé dans le paysage culturel blésois. Au fil des éditions, Vite au Théâtre ! est devenu un rituel, un point fixe du calendrier, un rendez-vous attendu pendant la première semaine des vacances de février. C’est l’histoire d’un temps suspendu qui fédère, qui rassemble, et qui fonctionne.

À quelques jours de l’ouverture de sa cinquième édition (du 17 au 22 février 2026), le constat est déjà là : le festival affiche presque complet. Même les séances du matin, au Théâtre Nicolas-Peskine, sont « pleines ou quasi pleines », indique Agnès Verlinde, présidente de l’association. Seule la création collective Roméo et Juliette, programmée samedi et dimanche à la Halle aux Grains, conserve encore une marge de places. « Forcément, ce n’est pas la même jauge. » Mais la confiance est là.

L’édition 2025 avait marqué un cap. « C’était plein, archi plein. On avait même ouvert des représentations supplémentaires. » Cette année encore, des listes d’attente se constituent rapidement. Et elles ne sont pas symboliques. « C’est important que les gens s’inscrivent sur liste d’attente, parce que ça nous permet de voir si on peut ouvrir un deuxième créneau. » Ce qui frappe, c’est la précocité du remplissage. « J’ai l’impression que c’est plein plus tôt », observe Agnès Verlinde. À une semaine de l’ouverture, « les trois quarts des spectacles étaient déjà pleins ou quasi pleins ».

La cinquième édition est donc attendue. « Il y a même des gens qui choisissent de ne pas partir en vacances cette semaine-là, mais la suivante, parce qu’ils savent que la première semaine, c’est Vite au Théâtre ! » On sent que quelque chose s’est installé. « Il y a moins de gens qui découvrent. Ça devient un rendez-vous connu dans Blois. »

L’élargissement du cercle

Les quatre compagnies fondatrices — BODOBODÒ, L’Intruse, la Compagnie du Divan et la Ben Compagnie — composent le comité artistique. Mais le comité n’est pas fermé. « L’idée, c’est que les compagnies invitées, quand elles ont été programmées au moins deux fois, si elles ont pleinement répondu aux attentes et qu’elles s’engagent dans l’éthique du festival, puissent rejoindre le comité artistique. »

Vite au Théâtre !

Le festival ne repose sur aucun fil conducteur thématique. « On n’a jamais imposé ni thème ni esthétique. » Chaque compagnie propose une œuvre qui lui semble représentative de son travail et compatible avec l’esprit du festival. Il existe une exigence artistique dans la sélection, mais pas de ligne imposée. Une constante cependant : un spectacle jeune public chaque matin, conçu spécifiquement pour ce public. « Ce n’est pas juste “à partir de…”. Ce sont des créations pensées pour le jeune public », insiste Laurence Boisot, co-directrice artistique de la compagnie du Divan. La période des vacances de février est déterminante. Centres de loisirs, familles, grands-parents : la disponibilité est différente. Chaque matin, un temps d’accueil est assuré par la Ligue de l’enseignement. Les enfants des centres de loisirs sont préparés à l’expérience du spectacle vivant : qu’est-ce que c’est ? Comment se comporte-t-on en tant que spectateur ? Former le public fait partie du projet.

Un festival comme lieu de vie

Vite au Théâtre ! se vit autant qu’il se regarde. La veille de l’ouverture, les équipes décorent collectivement le théâtre. Pendant la semaine, les spectateurs restent après les représentations. « Les gens aiment traîner dans le hall avant, après. » On discute, on partage. « On ne vient pas seulement jouer son spectacle. On est là toute la semaine », explique Laurence Boisot. Cette immersion crée un rapport particulier au public.
« On reparle du spectacle jour après jour. Ça nous arrive très rarement ailleurs. » Les comédiens sont au bar, à l’entrée, dans le hall. Les membres du conseil d’administration aussi. Le mélange des rôles fait partie de l’identité du festival. Les after musicaux — mardi et vendredi — prolongent les soirées. « Ce sont des moments très beaux du festival. »

Roméo et Juliette : une création collective ambitieuse

La création collective constitue le point culminant de cette édition. « On fait une création collective tous les deux ans environ. » Cette fois, Benjamin Kerautret a proposé Roméo et Juliette. Le choix est double : une œuvre immédiatement identifiable, « populaire au sens noble », et une distribution large permettant de réunir amateurs et professionnels. La pièce est transposée dans les années 1950-1960.

Un casting ouvert a été organisé. Tous ceux qui se sont présentés se sont vus proposer une participation, au moins en figuration. L’objectif était d’élargir les profils au-delà des circuits habituels du conservatoire et du lycée. Sur scène, environ cinquante personnes : comédiens et musiciens. La scénographie sera volontairement sobre.

Autre nouveauté : deux représentations à la Halle aux Grains. « D’habitude, on ne jouait qu’une fois la création collective. Là, c’est beaucoup de travail. On s’est dit que c’était dommage de ne jouer qu’une fois. » Evidemment, remplir deux fois la Halle aux Grains constitue un nouveau pari.

La lecture immersive Terradoration réunira samedi, un peu avant, 27 interprètes : 17 comédiens et 10 musiciens. « J’ai eu un coup de cœur pour ce texte de Laura Desprein », glisse Agnès Verlinde. Une première version a été jouée en décembre au conservatoire. La reprise au Théâtre Nicolas-Peskine offrira davantage d’espace. Le projet associe texte, musique et image. Il constitue, pour Agnès Verlinde, un jalon vers un possible développement ultérieur.

Grandir ? Peut-être. Mais autrement.

Le succès du festival pose la question de la croissance. « Grandir, ça pose la question du lieu. » Le Théâtre Nicolas-Peskine, avec ses 150 places environ, est apprécié pour sa proximité. La Halle aux Grains permet une autre échelle, mais tous les spectacles ne s’y prêtent pas. D’autres pistes existent : micro-festival en ruralité avec le soutien du Département, mutualisation administrative entre compagnies, projets transversaux. « L’avenir est au collectif et au serrage de coudes. »

Contes en pli – Instagram @mathildiboom

Car derrière les salles pleines, le contexte demeure fragile. Interrogées sur la situation des compagnies locales, les réponses sont sans détour. « C’est dur, actuellement. » Le travail s’intensifie pour maintenir l’existence des structures. « On bosse de plus en plus. » La structuration collective apparaît alors comme une nécessité autant qu’un choix.

Depuis 2024, le festival est porté par l’association du même nom : Vite au Théâtre. Auparavant, le portage administratif était assuré par la Ville de Blois. La Ville reste le principal financeur — 25 000 euros de subvention — mais la prise en charge de certains postes, notamment techniques, n’est plus assurée comme auparavant. « On doit financer davantage de choses qu’avant. » Malgré cette responsabilité accrue, la structuration associative est vécue comme une dynamique nouvelle.


Le programme du festival 2026

Date Heure Spectacle / Événement Compagnie / Infos Lieu
Mardi 17 février 10h00 L’ogresse (50 min. – dès 7 ans) Compagnie Bodobodo Théâtre Nicolas-Peskine
Mardi 17 février 20h30 Bulles bleues (1h15 – dès 10 ans) Compagnie L’Intruse – De Maurice Maeterlinck Théâtre Nicolas-Peskine
Mercredi 18 février 10h Du poil de la bête (40 min – dès 3 ans) Compagnie L’Intruse Théâtre Nicolas-Peskine
14h30 Atelier théâtre en famille (dès 7 ans) Théâtre Nicolas-Peskine
18h Contes en pli (1h – dès 6 ans) Compagnie Dis Vague Théâtre Nicolas-Peskine
Jeudi 19 février 10h Ého ! (1h – dès 6 ans) Compagnie Hic Sunt Leones Théâtre Nicolas-Peskine
18h Atelier théâtre et poésie (dès 16 ans) Théâtre Nicolas-Peskine
20h30 Mourir demain (30 min – dès 12 ans) Compagnie Pour plus tard Théâtre Nicolas-Peskine
20h30 Madame X (30 min – dès 12 ans) Compagnie Les Salamandres Théâtre Nicolas-Peskine
Vendredi 20 février 10h Voir le Loup (40 min – dès 8 ans) Compagnie La Sensible Théâtre Nicolas-Peskine
20h30 Envie de croire en lui (1h – dès 10 ans) La Ben Compagnie Théâtre Nicolas-Peskine
Samedi 21 février 17h Terradoration (1h30 – lecture immersive) Texte Laura Desprein – Conservatoire Théâtre Nicolas-Peskine
À partir de 19h Repas italien (sur réservation) Halle aux Grains
20h30 Roméo et Juliette (2h30 avec entracte) Création collective – Mise en scène Benjamin Kerautret Halle aux Grains
Dimanche 22 février 16h Roméo et Juliette Création collective Halle aux Grains

Informations et réservations : festivalvat.com


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