[Municipales] Gildas Vieira contre les « gros projets » et pour le quotidien

Revitaliser le quotidien des Blésois. Telle est l’intention affichée de Gildas Vieira (La France Autrement), de nouveau candidat aux municipales, avec un cap : ne pas engager la ville, sur la mandature à venir, dans ce qu’il juge être des investissements trop lourds, trop coûteux, ou trop éloignés des besoins immédiats.
« Il n’y aura pas de passerelle durant notre mandature », affirme-t-il en exemple. Le projet de théâtre, lui, serait « mis en stand-by durant l’ensemble de la mandature ». Le vocabulaire revient comme un fil : “recalibrer”, “prioriser”, “prendre soin”, “bien vivre”, “proximité”. Le candidat Vieira oppose ce qu’il décrit comme des “gros travaux” à des chantiers structurants à ses yeux : « arranger les routes et les trottoirs », ou encore pousser la « végétalisation ».
La santé d’abord
Pour Gildas Vieira, la santé n’est pas un chapitre parmi d’autres : elle est présentée comme le principe organisateur du programme. « Car au travers de la santé, on touche à l’ensemble des politiques publiques ». Il déroule sa logique en chaîne, telle qu’il la formule : « si je suis en bonne santé je peux aller travailler, donc on touche à l’économique… ». La jeunesse, le sport, la prévention, tout est censé s’agréger autour de ce pivot.
Dans ce cadre, une mesure est présentée comme “phare” : transformer le projet du Carré Saint-Vincent. Le candidat entend « recalibrer » le projet pour en faire « une maison de santé pluridisciplinaire ». Il insiste sur l’emplacement, et sur le lien recherché avec la dynamique urbaine : une maison de santé « en cœur de ville », « avec de la verdure », pensée pour créer un flux qui ne se limiterait pas au soin. « Si les personnes viennent se soigner en cœur de ville, elles viendront aussi se promener, et potentiellement consommer », explique-t-il, en assumant une stratégie de centralité.

Reste un nœud : comment faire venir des médecins et des soignants dans un contexte de raréfaction ? Par des “incitations fortes”, répond Gildas Vieira : des incitations fiscales, du salariat, pour répondre à l’évolution des pratiques. Et un « aller vers » les soignants.
Le candidat revient à plusieurs reprises sur les personnes âgées et le handicap, avec une nuance qu’il pose lui-même : « ce n’est pas la compétence première de la ville, c’est plutôt celle du département ». Mais il revendique une implication municipale, notamment sur l’attention portée aux EHPAD et à l’hôpital. Il rappelle la place institutionnelle du maire ou de son équipe dans la gouvernance hospitalière : le président du conseil de surveillance est “en général soit le maire, soit l’un de ses adjoints”, et, dans son scénario, « ce sera le docteur Marchand », son binôme. Il promet alors une “grande vigilance” sur le “bien-vivre” des soignants et des patients, et porte un jugement direct sur l’état de l’accueil : « c’est juste plus possible ! ».
Mobilités
Sur les mobilités et l’accessibilité, la mesure la plus répétée, parce qu’elle est compréhensible immédiatement, concerne la gratuité des transports publics et du stationnement pour les plus de 70 ans. Et l’idée d’adapter les horaires “aux besoins réels des habitants”. Le même chapitre prévoit deux navettes gratuites reliant les quartiers Nord et Ouest au centre-ville, une refonte de l’offre de transports en commun pour offrir une alternative à la voiture, et un nouveau plan de stationnement annoncé comme un outil d’attractivité commerciale et de circulation plus fluide. Sur le stationnement en centre-ville, est annoncé une gratuité de deux heures, ainsi qu’une application gratuite destinée à mieux coordonner les disponibilités.
Sécurité
Le programme de Gildas Vieira annonce des orientations clairement identifiées : renforcer la police municipale en passant “de 40 à 55 agents”, étendre les horaires de patrouille “notamment le soir et le week-end”, multiplier les caméras (+40 nouvelles), installer un “éclairage LED intelligent”, et “sanctionner les incivilités” en évoquant des amendes et des TIG “afin de responsabiliser sans stigmatiser”. Le candidat pense également à la création d’une brigade “police des nuisances” au sein de la police municipale, chargée d’intervenir sur les atteintes aux personnes et aux biens, les nuisances sonores, les dépôts sauvages, et les encombrants, avec l’idée d’une “brigade réactive”.
Cœur de ville : une foncière à 20 millions, et la promesse d’une reprise en main
La création d’une foncière pour revitaliser le commerce de centre-ville de Blois est le point commun des différentes candidatures. Gildas Vieira chiffre son projet : « un budget de 20 millions ». Il la présente comme une somme à engager “dès la première année” de mandat. L’objectif est explicite : “reprendre la main sur les locaux de centre-ville” et “baisser les prix au maximum”, en rachetant des biens que les propriétaires ne souhaitent plus louer ou mettre sur le marché. Il évoque l’idée de “mettre une certaine pression” pour obtenir des ventes, qu’il justifie “pour le bien public, le bien collectif”. Cette foncière, dans son récit, serait mutualisée : il cite Agglopolys et la Caisse des dépôts.
Le candidat Vieira lie cette stratégie à un autre chiffre : « 3000 logements potentiels sur le cœur de ville qui ne sont pas occupés ». Son idée, telle qu’il la formule, est de “ramener des habitants” au centre, d’organiser des relogements. À ses yeux, le cœur de ville est un moteur démographique, et la démographie un moteur fiscal. Il formule même un objectif de population : “retrouver les 50 000 habitants”, pour “augmenter l’assiette fiscale”, et, par ce biais, “baisser les impôts”.
Dans ce projet de Gildas Vieira, le cœur de ville n’est pas seulement économique : on viendrait “pour la culture”, “pour la santé”, “pour la jeunesse”, et pas seulement pour consommer. C’est ici que la rhétorique se fait la plus imagée : créer l’électrochoc qui va relancer le cœur de Blois.
Culture, jeunesse, vie associative, sport
Sur la culture, la liste Vieira développe une série d’orientations qui cherchent à articuler médiation, accès, événements et patrimoine. Il est question de soutenir la médiation culturelle dans les maisons de quartier et centres sociaux, d’augmenter la présence des habitants de Blois aux Rendez-vous de l’Histoire, de la mise à disposition d’un car pour des visites collectives, de l’extension du Pass culture à des événements associatifs, et la consolidation de grands événements culturels locaux (bd BOUM, Des Lyres d’été, Des Lyres d’hiver) et d’un retour du Ramdam. Le patrimoine est abordé par l’idée de visites immersives et de parcours numériques, et l’on trouve l’annonce d’un festival annuel « du patrimoine et de la Loire vivante”.
Sur la jeunesse, une formule détonne : « un jeune, un stage et une alternance ». Gildas Vieira le pose comme une ligne rouge : « il est hors de question sur ma mandature qu’il y ait des jeunes blésois qui n’aient pas de stage ou d’alternance ». Il décrit alors ce que la municipalité ferait avec lui : “négocier avec les entreprises”, “conventionner”, créer des partenariats pour une insertion plus rapide. Les pages “jeunesse” de son programme évoquent également la création de lieux de vie jeunesse dans tous les quartiers, la mise en place d’une vie festive en centre-ville, un soutien à la recherche de logement et à l’accès au premier logement, ainsi qu’un soutien au permis de conduire et au BAFA “moyennant des travaux bénévoles”. Le programme mentionne également l’augmentation des possibilités d’accueil pour la petite enfance et les activités périscolaires, la création de maisons relais d’assistantes maternelles, un plan de lutte contre le décrochage scolaire, et le renforcement de l’éducation populaire.
En matière de vie associative, le programme annonce le maintien de l’enveloppe de subvention, une baisse de 10 % du prix de location des salles municipales pour les particuliers, le maintien de la gratuité des locaux et salles associatifs, la création d’un “village associatif” mutualisant salles, outils numériques et services, l’organisation d’une “Agora” des associations, et un “village inclusif handicap”.
Dans le programme, le sport est présenté comme un levier d’image, de santé, et de cohésion. Les pages évoquent la modernisation des installations, le soutien au sport amateur et au sport de haut niveau, le développement du sport-santé pour les seniors, les personnes en situation de handicap et les malades chroniques, une olympiade annuelle des écoles et collèges, un “Pass Sport Blésois” ciblé sur les familles modestes, et la promotion de la mixité. Le texte mentionne aussi les mobilités actives avec des parcours sécurisés, les sports de plein air sur les bords de Loire, et le soutien aux clubs engagés dans une démarche éco-responsable.
Le candidat évoque aussi des mesures symboliques de mémoire sportive, comme rebaptiser le stade des Allées -Jean Leroi en Stade Alain Charlot et nommer les tribunes Jean-Jacques Dupuy et Jacky Gourault. Des figures importantes “pour ceux qui sont dans le monde du sport”. Quant à « Jean Leroi, qui est le nom actuel du stade, il ira plutôt place de la Résistance »
Les pages environnementales du programme abordent, elles, le tri, les mégots, la fin des dépôts sauvages, l’idée d’une application de “vigilance citoyenne”, l’organisation d’une opération citoyenne “Blois-Propre”, la réorganisation de la signalétique cyclable, la sécurisation des points d’attache vélos, et un soutien aux associations promouvant des déplacements non motorisés.
L’idée affichée de Gildas Vieira est de concentrer l’action municipale sur des mécanismes de vie quotidienne, tout en affirmant une vision de centralité. « Je ne souhaite pas être le maire qui va cloisonner encore plus les quartiers », dit-il, tout en revendiquant que “le cœur de ville irrigue” tous les quartiers, et qu’il s’agît là du moyen pour “retrouver un peu de couleur”.

