Agglopolys : Christophe Degruelle réélu, un exécutif installé sous le signe de la continuité

Réuni jeudi 9 avril 2026 au Jeu de Paume à Blois, le conseil communautaire d’Agglopolys a reconduit Christophe Degruelle à sa présidence. Seul candidat en lice, l’élu a été réélu avant l’installation d’un exécutif de 15 vice-présidents. Le président a défendu une méthode fondée sur la “majorité de projets”, la stabilité financière, le travail transpartisan et l’équilibre entre les communes du territoire.
Au Jeu de Paume, ce jeudi soir, le conseil communautaire d’installation d’Agglopolys n’a pas réservé de surprise sur son principal enjeu politique. Seul candidat, Christophe Degruelle a été réélu président de la communauté d’agglomération de Blois. La séance devait ensuite fixer la nouvelle architecture de l’exécutif, avec l’élection des vice-présidents et la mise en place du bureau communautaire. Plus qu’un moment de suspense électoral, ce rendez-vous a surtout dessiné les lignes de force du nouveau mandat : continuité de gouvernance, affirmation d’une méthode, maintien d’un cadre collectif associant les maires, et rappel des contraintes financières qui pèseront sur les années à venir.
Une “méthode”, une “équipe”, un “projet”
Dans son intervention, Christophe Degruelle a choisi de structurer son propos en trois blocs : « une méthode, une équipe, un projet ». Sur la méthode, il a d’abord revendiqué la continuité d’un fonctionnement engagé, selon lui, depuis 2008 : celui d’une « majorité de projets », censée permettre à des sensibilités politiques diverses de travailler ensemble au sein de l’intercommunalité. Il a également insisté sur ce qu’il présente comme un accord de gestion, adossé à quelques repères simples, destinés à donner à tous les élus une lecture claire de la situation financière de l’agglomération.
Le président réélu a ainsi mis en avant deux indicateurs qu’il a décrits comme une forme de boussole : la capacité de désendettement et le taux d’épargne brute. À cela s’ajoute, dans son propos, une obligation de modération fiscale. Il n’a pas cherché à minorer les difficultés du mandat à venir, évoquant des « contraintes financières très fortes », la question de la taxe GEMAPI, le suivi des dépenses de gestion ou encore le niveau d’investissement.
Dans cette logique de continuité, il a salué François Fromet, reconduit dans un rôle central sur les questions budgétaires, en insistant sur sa « rigueur » et son « professionnalisme », et en présentant sa reconduction comme « un gage de stabilité et de sécurité ».
Un équilibre politique et territorial revendiqué
À cette lecture politique s’ajoute une lecture territoriale. Christophe Degruelle a longuement insisté sur la nécessité de tenir ensemble les différentes composantes d’Agglopolys : le nord et le sud, l’urbain, le périurbain et le rural, mais aussi la place particulière de la ville-centre. Dans le même temps, il a tenu à réaffirmer un principe déjà ancien à Agglopolys : l’association de l’ensemble des maires au bureau communautaire. Il y voit une singularité locale, là où d’autres intercommunalités doivent ajouter des instances spécifiques de type conférence des maires.
Une nouveauté tournée vers les communes
Dans cet ensemble très marqué par la continuité, une inflexion a toutefois été annoncée : le renforcement du lien entre l’agglomération et les communes, avec une délégation spécifiquement tournée vers cette question. Christophe Degruelle a expliqué vouloir mieux appuyer les maires dans le suivi des dossiers communautaires, dans un contexte de renouvellement important des élus. Il a rappelé qu’Agglopolys compte désormais 16 nouveaux maires et 39 nouveaux conseillers communautaires. De quoi, selon lui, justifier un effort accru de soutien.
Cette orientation se retrouve dans l’élection de Jean-Marc Moretti comme 12e vice-président, en charge de la coopération intercommunale et de l’appui aux communes.

Quinze vice-présidents pour un exécutif de continuité
Dans la foulée de la réélection du président, les vice-présidences ont été installées. Christophe Degruelle a proposé de reconduire l’organisation éprouvée depuis 2012, avec 15 vice-présidents. Une formule qu’il a présentée comme satisfaisante et adaptée au fonctionnement local.
Voici la composition de l’exécutif issue de cette séance :
François Fromet a été élu 1er vice-président, en charge des finances.
Stéphane Baudu a été élu 2e vice-président, en charge de la vie économique, des relations avec les entreprises et de l’économie sociale et solidaire.
Lionella Gallard a été élue 3e vice-présidente, en charge de la culture, avec un volet important sur la culture en ruralité.
Paul Gillet a été élu 4e vice-président, en charge du commerce et de l’artisanat.
Yann Laffont a été élu 5e vice-président, en charge des déchets, de l’économie circulaire et de l’énergie.
Pierre Lambin, nouveau maire de Cour-Cheverny, a été élu 6e vice-président, en charge de l’économie touristique.
Yves Lecuir a été élu 7e vice-président, notamment en charge de la commande publique.
Florent Marmagne a été élu 8e vice-président, en charge de l’enseignement supérieur, de l’innovation et du numérique.
Matthieu Marquaille a été élu 9e vice-président, en charge du petit et du grand cycle de l’eau, du paysage et de la biodiversité.
Philippe Masson, maire de Villebarou, a été élu 10e vice-président, chargé de la voirie, de l’espace public et des fourrières.
Didier Moëlo, maire d’Averdon, a été élu 11e vice-président, en charge des transports publics et des mobilités.
Jean-Marc Moretti a été élu 12e vice-président, en charge de la coopération intercommunale et de l’appui aux communes.
Éric Peschard, maire de Landes-le-Gaulois, a été élu 13e vice-président, en charge de l’agriculture et de la viticulture.
Ingrid Souilla a été élue 14e vice-présidente, en charge des solidarités et du contrat local de santé.
François Thiollet a été élu 15e vice-président, en charge de l’urbanisme, de l’habitat, du PLUi, du PCAET et de l’accueil des gens du voyage.
Un projet de territoire déjà largement balisé
Au-delà des personnes, Christophe Degruelle a également esquissé le cadre du travail à venir. Le projet de territoire, a-t-il dit, est déjà largement structuré, même s’il n’a pas été adopté avant le renouvellement de l’assemblée communautaire. Il devra désormais être repris par les nouveaux élus. Le président d’Agglopolys a cité trois grands axes. D’abord, le développement économique et territorial, avec une insistance marquée sur l’industrie, présentée comme structurante pour le bassin de vie. Il a aussi rappelé le poids de l’agriculture, de la viticulture et de plus en plus, selon ses mots, de l’économie touristique.
Deuxième axe : les transitions environnementale, écologique et climatique. Dans ce volet, il a mis l’accent sur les enjeux liés à l’eau, qu’il s’agisse du petit ou du grand cycle, des aires d’alimentation de captage, ou encore des tensions entre impératifs écologiques et agricoles. Il a également évoqué le foncier et le cadre national de la loi Climat et résilience, avec la question du zéro artificialisation nette (ZAN).

Enfin, troisième grand bloc : les services aux habitants. Christophe Degruelle a résumé ce champ dans une formule volontairement large, allant « des poubelles aux livres, du CIAS aux mobilités », pour souligner l’étendue des compétences communautaires.

