Vie locale

À Blois, une Marche des fiertés nombreuse dans un contexte de LGBTphobies toujours élevé

Ce samedi 16 mai 2026, la 4e Marche des fiertés de Blois a rassemblé un public nombreux dans les rues du centre-ville. Partie des Jardins de l’Évêché après l’ouverture du village associatif, la marche a traversé la ville derrière les drapeaux, pancartes et banderoles, dans une ambiance à la fois festive, militante et très visible. Les drapeaux arc-en-ciel, trans, bi, intersexe ou syndicaux se sont mêlés aux pancartes associatives et aux slogans antifascistes. Cette édition intervient quelques jours après la publication des derniers chiffres nationaux sur les infractions anti-LGBT+, toujours à un niveau élevé en France.

Marche des fiertés

4 900 infractions anti-LGBT+ enregistrées en France en 2025

Cette marche locale intervient dans un contexte national documenté. Selon le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure, 4 900 infractions anti-LGBT+ ont été enregistrées par les services de police et de gendarmerie en 2025. Ce chiffre est en hausse de 2 % sur un an. Parmi ces infractions, 64 % sont des crimes ou délits, en progression de 4 %.

Cette hausse s’inscrit dans une tendance plus longue : le ministère de l’Intérieur rappelle que les infractions anti-LGBT+ enregistrées avaient augmenté en moyenne de 13 % par an entre 2016 et 2024. Le niveau atteint reste donc important, même lorsque la progression ralentit.

Ces chiffres ne disent cependant pas toute la réalité des violences. Le ministère souligne que le recours au dépôt de plainte reste extrêmement faible : selon l’enquête Vécu et ressenti en matière de sécurité, environ 3 % seulement des victimes d’actes anti-LGBT+ déposeraient plainte. Autrement dit, les infractions enregistrées ne représentent qu’une partie des faits réellement subis.

Des victimes souvent jeunes

Les données nationales montrent également que les victimes recensées dans les procédures sont majoritairement des hommes, à plus de 70 %, et que 48 % ont moins de 30 ans. Les mis en cause sont eux aussi très majoritairement des hommes, à 83 %, et plus de la moitié ont moins de 30 ans.

Cette jeunesse donne une résonance particulière à la marche des fiertés. La possibilité d’aimer, de se définir, de se montrer, de se déplacer ou de parler – sans avoir à anticiper l’insulte, la moquerie, le rejet ou l’agression – n’est pas acquise. Les associations rappellent que les LGBTphobies ne se réduisent pas aux violences physiques. Elles peuvent prendre la forme de propos, d’humiliations, d’exclusions familiales, de discriminations au travail, d’attaques en ligne, de refus de reconnaissance ou de mises à l’écart répétées.

Le rapport 2026 de SOS homophobie, fondé sur les témoignages adressés à l’association, va dans le même sens. L’association indique que 40 % des agressions physiques rapportées se sont déroulées dans des lieux publics. À Blois, ce samedi, la foule disait l’importance d’évoluer librement dans la cité.


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