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Michel Bégon : à Blois, des habitants réclament une réflexion publique

À Blois, la commémoration de l’abolition de l’esclavage s’est prolongée vendredi 22 mai par un temps d’échange organisé à la Préfecture autour de la mémoire coloniale et de la place de Michel Bégon dans l’espace public blésois. Habitants, jeunes des quartiers, représentants associatifs (lire ici), élus municipaux et représentants de l’État ont participé à cette rencontre, tenue dans le salon de la Préfecture à l’issue de la cérémonie officielle organisée sur le parvis Jean-Jaurès. Au centre des discussions : la figure de Michel Bégon (lire ici), natif de Blois, administrateur royal sous Louis XIV et personnalité dont le nom demeure aujourd’hui présent dans plusieurs lieux de la ville, notamment la Maison de Bégon et le collège Michel-Bégon.

Une figure liée à l’histoire du Code noir

Né à Blois en 1638, Michel Bégon appartient à l’histoire administrative et coloniale du règne de Louis XIV. Intendant de la marine, il fut notamment chargé de fonctions dans les colonies françaises, où il participa aux travaux préparatoires qui précédèrent la rédaction du Code noir. Promulgué en 1685, cet édit royal fixa le cadre juridique de l’esclavage dans les colonies françaises. Michel Bégon n’en fut pas l’auteur unique, mais son nom reste associé aux mémoires administratifs qui contribuèrent à son élaboration. Le Code noir demeure aujourd’hui l’un des textes les plus emblématiques de l’histoire esclavagiste française. Depuis plusieurs semaines, cette question mémorielle suscite des échanges à Blois autour de la manière de contextualiser cette histoire dans l’espace public.

Des jeunes venus parler de mémoire et de transmission

La rencontre organisée à la Préfecture a réuni également des jeunes des quartiers blésois venus exprimer leur regard sur cette mémoire historique et sur la présence du nom de Michel Bégon dans la ville. « Ils ne demandent pas à réécrire l’histoire. Ils demandent qu’on la leur raconte entièrement », résume le collectif à l’origine de cette démarche.

Les échanges se sont déroulés en présence de Naima Ben Ahmed, directrice de cabinet du préfet, de Yoseph Goasdoué, délégué du préfet dans les quartiers prioritaires du Loir-et-Cher, ainsi que de plusieurs élus de la Ville de Blois : Johann Elbory, adjoint à la mémoire et à l’intégration républicaine, Amandine Lebrat, adjointe à la démocratie participative et à la jeunesse, Corinne Kibongui-Saminou-Oumba, adjointe à l’égalité femmes-hommes et à la lutte contre les discriminations, ainsi que Malik Boufatah, adjoint à la vie associative. Le boxeur Bariko Eprhem, champion de France et figure locale, était également présent.

Une pétition remise à la Préfecture

À l’issue de la rencontre, une pétition citoyenne a été remise aux services de l’État. Ses signataires demandent l’organisation d’un débat public associant habitants, jeunes, historiens et élus autour de la présence du nom de Michel Bégon dans l’espace public local. Les participants ont insisté sur leur volonté d’ouvrir un espace de dialogue autour de cette histoire, dans un contexte où les questions mémorielles liées à l’esclavage et à la colonisation traversent aujourd’hui de nombreuses villes françaises.

À Blois, le sujet prend une résonance particulière avec la coexistence de deux figures historiques majeures liées à la ville : Michel Bégon, associé à la préparation du Code noir, et l’abbé Grégoire, personnalité blésoise engagée durant la Révolution française en faveur de l’abolition de l’esclavage.


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