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Qui sont les touristes qui séjournent en Loir-et-Cher ?

Ils s’appellent Christelle, Flavio, Martin, Hugo ou Maria… mais qui sont les touristes qui séjournent en Loir-et-Cher ? L’enquête « clientèles touristiques 2025 » apporte une réponse détaillée à cette question, à partir d’un dispositif régional conduit du début des vacances de Pâques à la fin de la Toussaint. En Loir-et-Cher (3679 réponses), cinq sites socles ont été mobilisés : l’office de tourisme Blois Chambord, Chaumont, Chambord, Cheverny et la Commanderie d’Arville.

Un touriste type de 50 ans, souvent en couple ou en famille

Le touriste type en Loir-et-Cher reste relativement mature. L’âge moyen calculé est de 50 ans, et les plus de 55 ans représentent 45 % de la clientèle touristique du département, contre 47 % en 2019. L’étude signale toutefois un léger rajeunissement : les 18-34 ans apparaissent plus nombreux en proportion, tandis que les tranches d’âge supérieures sont moins représentées qu’en 2019. En lecture générationnelle, les baby-boomers pèsent 32 %, la génération X 31 %, les millennials 25 % et la génération Z 11 %. La clientèle étrangère présente un profil plus âgé que la clientèle française, tandis que près de quatre Franciliens sur dix sont des millennials et 15 % relèvent de la génération Z.

Le profil socio-professionnel est plutôt aisé. Deux catégories dominent nettement : les cadres et professions intellectuelles supérieures, à 28 %, et les retraités, également à 28 %. Les employés et ouvriers représentent 20 %, les professions intermédiaires et techniciens 8 %, les commerçants et chefs d’entreprise 4 %, les étudiants 4 %, les personnes sans activité 2 % et les agriculteurs exploitants 1 %. En regroupement, l’étude distingue 32 % de CSP supérieures, 28 % de retraités, 30 % de classes moyennes et 10 % d’autres situations, dont 4 % d’étudiants.

La composition des groupes confirme le poids des séjours à deux et des séjours familiaux. Les couples représentent 46 % des séjours et les familles 41 %. La taille moyenne du groupe est de 2,8 personnes. L’étude souligne aussi que 30 % des groupes voyagent avec au moins un enfant ou un adolescent.

Une destination majoritairement française

Le Loir-et-Cher reste d’abord une destination de touristes français : ils représentent 78 % des séjours observés, contre 22 % pour les touristes étrangers. Dans le détail, 58 % des touristes viennent d’autres régions françaises, 15 % d’Île-de-France et 4 % du Centre-Val de Loire. L’Île-de-France apparaît ainsi comme le premier bassin de clientèle française du département.

La clientèle étrangère est principalement européenne. Cinq pays — Pays-Bas, Allemagne, Belgique, Royaume-Uni et Italie — concentrent 80 % des touristes étrangers interrogés. L’étude montre aussi que les visiteurs étrangers occupent une place spécifique dans l’économie touristique locale, car ils restent plus longtemps et dépensent davantage chaque jour.

Les touristes étrangers sont plus sensibles au bouche-à-oreille, à la notoriété UNESCO et au tourisme responsable. Les Français sont davantage liés à l’offre de destination, y compris un événement particulier, ainsi qu’à des motivations de proximité ou d’attachement personnel.

Une préparation presque systématique et largement numérique

La préparation du séjour est quasi générale : 92 % des touristes déclarent avoir préparé leur venue en amont. Les outils numériques dominent très largement, utilisés par 87 % des répondants. Les outils traditionnels, comme les brochures, dépliants gratuits ou guides papier, concernent 19 % des touristes.

La majorité des touristes sont sédentaires : 64 % restent principalement sur un même lieu de séjour, contre 36 % de touristes itinérants. L’itinérance est plus développée en Loir-et-Cher que dans l’ensemble de la région, où elle atteint 27 %. Elle est surtout portée par les visiteurs étrangers : 62 % d’entre eux sont itinérants, contre 29 % des Français et 28 % des Franciliens.

L’étude met aussi en évidence un équilibre entre fidélisation et renouvellement : 47 % des touristes sont des primo-visiteurs, tandis que 53 % étaient déjà venus. Cette répartition est présentée comme stable par rapport à 2019.

Une saison très « estivale »

La saisonnalité est plus marquée en Loir-et-Cher qu’à l’échelle régionale. Juillet et août concentrent 46 % des séjours, contre 39 % dans l’ensemble régional. Le printemps représente 37 % des séjours. L’automne apparaît en retrait, avec 17 % des séjours, contre 23 % au niveau régional. La durée moyenne de séjour est de 6,4 nuits, contre 5,9 nuits en 2019. L’été, la durée moyenne s’allonge à 7,4 nuits.

La voiture reste dominante, mais…

Le véhicule personnel reste le premier mode de transport. Pour venir sur le territoire, 80 % des touristes utilisent leur voiture personnelle. Le train représente 8 %, le camping-car 5 %, le vélo 3 %, la voiture de location 3 % et l’avion 3 %. Sur place, la voiture personnelle reste utilisée par 76 % des touristes. La marche arrive ensuite, à 28 %, devant le vélo musculaire à 11 %, le vélo électrique à 7 %, le train ou TER à 5 %, et les bus ou navettes à 4 %. À la question de savoir s’ils envisageraient d’utiliser les transports en commun si une solution adaptée existait, 54 % des touristes répondent positivement.

Le vélo concerne un touriste sur cinq

Le vélo constitue un marqueur du séjour en Loir-et-Cher : 21 % des touristes déclarent le pratiquer. Parmi eux, 75 % empruntent la Loire à Vélo. L’étude décrit les cyclotouristes comme un public plus âgé et plus qualifié que l’ensemble des touristes, avec une configuration en couple très dominante, une forte itinérance, une durée de séjour plus longue — 8,2 nuits — et un budget global plus élevé.

Culture, nature, gastronomie : des séjours très actifs

Les touristes interrogés déclarent des séjours riches en activités. Les activités culturelles concernent 94 % des répondants. Dans le détail, 81 % visitent des monuments ou des châteaux, 58 % des villes ou villages, 53 % des parcs et jardins, et 34 % des musées. Les activités dans la nature concernent 54 % des touristes, notamment la balade à pied ou la randonnée pédestre, à 35 %, l’observation de la flore et de la faune, à 18 %, ou encore la baignade, piscine, lac et rivière, à 15 %.

La restauration occupe une place importante : 53 % des touristes déclarent aller au restaurant. Les achats ou dégustations de produits du terroir concernent 27 % des répondants, et les activités autour du vin 19 %. Les visites de sites de loisirs ou de zoos représentent 26 %, la balade à vélo, le cyclotourisme ou le VTT 21 %, les expositions, festivals et spectacles 13 %, la promenade en bateau 10 %. Le télétravail est signalé dans 9 % des séjours.

En moyenne, les touristes visitent 3,9 sites pendant leur séjour. Les étrangers en visitent davantage, avec 4,4 sites en moyenne, contre 3,8 pour les Français et 3,2 pour les Franciliens. Les activités culturelles sont communes aux Français et aux étrangers, à 94 % pour les Français et 93 % pour les étrangers. Les écarts apparaissent surtout ailleurs : les étrangers pratiquent davantage les activités dans la nature, à 72 % contre 48 % pour les Français, vont plus souvent au restaurant, à 60 % contre 51 %, s’intéressent davantage à la gastronomie et aux vins, à 41 % contre 32 %, aux activités autour de l’eau, à 33 % contre 22 %, et au shopping, à 32 % contre 10 %.

Le locatif premier hébergement marchand

L’hébergement marchand est dominé par la location de gîte, appartement ou maison, qui atteint 46 %, contre 28 % en 2019. L’hôtel représente 25 %, contre 36 % en 2019. Le camping pèse 14 %, les chambres d’hôtes 13 %, l’hébergement collectif 5 %, le camping-car ou van aménagé 5 %, et les autres hébergements marchands 1 %. Le locatif confirme sa première place, avec une hausse de 143 % des nuitées entre 2019 et 2024.

Un budget moyen de 1 364 euros par groupe et par séjour

Le budget moyen total atteint 1 364 euros par groupe et par séjour, hors transport pour venir. La dépense moyenne est de 72 euros par personne et par nuit, pour une durée moyenne de 6,4 nuits. Le premier poste est l’hébergement, qui représente 40 % du budget, soit 552 euros en moyenne et 27 euros par personne et par nuit. La restauration représente 20 %, soit 277 euros et 15 euros par personne et par nuit. Les loisirs et visites pèsent 17 %, soit 237 euros et 12 euros par personne et par nuit. Les autres dépenses représentent 22 %, soit 298 euros et 18 euros par personne et par nuit.

Les écarts selon l’origine sont nets. Les touristes étrangers dépensent en moyenne 86 euros par jour et par personne, avec un budget global de séjour de 1 838 euros, une durée moyenne de 7,7 nuits et une taille moyenne de groupe de 2,6 personnes. Les touristes français dépensent 68 euros par jour et par personne, avec un budget global de 1 228 euros, une durée de 6,1 nuits et une taille de groupe de 2,8 personnes.

Le mode d’hébergement modifie aussi fortement les dépenses. L’hôtellerie est le mode d’hébergement le plus générateur de dépenses quotidiennes, avec 105 euros par jour et par personne. Elle correspond à un budget global de 1 582 euros, une durée moyenne de 4,4 nuits et une taille de groupe de 2,5 personnes. L’hébergement marchand dans son ensemble correspond à 78 euros par jour et par personne, contre 32 euros pour l’hébergement non marchand.

Une image dominée par le patrimoine

L’image de la destination reste d’abord patrimoniale. À la question « Dans votre ressenti personnel, vous diriez que cette destination incarne… », avec trois réponses possibles, 79 % des touristes citent l’histoire, le patrimoine et la culture. La beauté des paysages et la douceur de vivre arrivent ensuite, à 34 %, devant le bien manger, le bien boire, la gastronomie et les produits locaux, à 25 %. La nature et l’environnement préservé sont cités par 24 %, les villes et villages à taille humaine par 21 %, le ressourcement et la déconnexion par 20 %, le tourisme à vélo par 19 %, la diversité des expériences et activités par 17 %, l’élégance, le romantisme et le prestige par 14 %, l’authenticité, le partage et la convivialité par 9 %, et l’innovation ou la modernité par 1 %.

Les touristes étrangers se distinguent par une perception plus forte de la gastronomie et des produits locaux, cités par 36 % d’entre eux contre 21 % des Français, et du tourisme à vélo, cité par 30 % contre 15 %. Les Français citent davantage la nature et l’environnement préservé, à 25 % contre 21 %, les villes et villages à taille humaine, à 22 % contre 18 %, et le ressourcement, à 21 % contre 15 %.

Une satisfaction élevée, mais des irritants très concrets

La note moyenne globale du séjour est de 8,9 sur 10. L’analyse des verbatims recense 847 avis positifs et 490 avis négatifs exprimés, soit 1,7 appréciation positive pour un avis négatif.

Les cinq premiers thèmes d’enchantement sont le patrimoine et la culture, à 58 %, la nature, le calme et les paysages, à 35 %, les activités, loisirs et sites, à 34 %, l’accueil et la convivialité, à 27 %, et l’hébergement, à 16 %. L’étude associe le patrimoine et la culture aux découvertes historiques et patrimoniales, la nature aux paysages fluviaux et à la déconnexion, les activités à des offres emblématiques comme la Loire à Vélo ou Beauval, l’accueil à l’hospitalité des habitants et hébergeurs, et l’hébergement au confort et à la qualité.

Les irritants principaux portent sur les sites et le patrimoine, à 36 % des avis négatifs, avec des remarques sur l’affluence des sites emblématiques, la désorganisation des flux et le manque de médiation ou d’interprétation. La mobilité, les déplacements et l’accès arrivent à 34 %, avec la dépendance à la voiture, des transports en commun insuffisants et l’état des routes. Les équipements, l’organisation et la propreté sont cités à 32 %, notamment le manque de toilettes, de poubelles, de bancs, de stationnement ou les fermetures aux mauvais moments. Le coût et les tarifs représentent 17 %, avec les prix des entrées, l’absence de pass multi-sites et le manque de tarifs familles et jeunes. L’accueil et les services représentent 15 %, avec l’accueil impersonnel sur certains sites, la réservation en ligne obligatoire et la barrière de la langue.

Près de quatre touristes sur dix envisageraient de vivre dans la région

L’enquête interroge enfin le potentiel résidentiel. À la question « Au-delà de considérations personnelles ou matérielles, envisageriez-vous de venir vivre dans cette région ? », 39 % des touristes répondent positivement : 15 % « oui, tout à fait » et 24 % « oui, plutôt ». La proportion de réponses positives monte à 48 % chez les moins de 35 ans.

Le portrait qui se dégage est donc précis : le Loir-et-Cher attire d’abord par son patrimoine, ses sites, ses paysages et son offre d’activités. Les touristes y préparent largement leur séjour en ligne, voyagent encore très majoritairement en voiture, séjournent en moyenne plus longtemps qu’en 2019 et se montrent globalement très satisfaits. Mais l’étude fait aussi apparaître des points de tension très concrets : gestion des flux, mobilités, équipements de base, coûts, services et médiation. C’est sur ces sujets que se situe, selon les données de l’enquête, la principale marge d’amélioration de l’expérience touristique.


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