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Budget 2026 du Loir-et-Cher : des équilibres dans un contexte de contraintes

Réunis en session plénière le 5 février 2026, les élus du conseil départemental de Loir-et-Cher ont adopté le budget primitif pour l’année 2026. Ce vote intervient dans un contexte national de fortes tensions budgétaires, quelques jours après l’adoption du budget de l’État par le recours à l’article 49.3. Le Département présente un budget de 455,4 millions d’euros, équilibré en dépenses et en recettes, qu’il qualifie de « réaliste et ambitieux », tout en reconnaissant la fragilité croissante du modèle financier départemental.

Le président du conseil départemental, Philippe Gouet, replace ce budget dans une dynamique nationale qu’il estime très défavorable aux départements. « Entre 2022 et 2025, ce sont 6 milliards d’euros de dépenses supplémentaires liées à des transferts de charges sans compensation de l’État qui ont été imposées à la strate des départements », a-t-il rappelé, en soulignant qu’à cette hausse des charges s’ajoute un recul des recettes estimé à 8,5 milliards d’euros sur la même période. Selon l’élu, cette situation explique les difficultés rencontrées par une majorité de départements : « On estime aujourd’hui que plus de 60 départements sont en grande difficulté, aussi bien sur le budget 2025 que sur les prévisions du budget 2026. »

Un budget équilibré, mais une épargne fortement réduite

Pour 2026, le budget primitif du Loir-et-Cher s’établit donc à 455,4 millions d’euros, avec 387,2 M€ en fonctionnement et 68,2 M€ en investissement, soit 58 M€ hors remboursement du capital de la dette. Les recettes atteignent 405,6 M€ en fonctionnement et 49,8 M€ en investissement. Cette structure permet de dégager une épargne brute destinée à couvrir le remboursement du capital de la dette (10,2 M€) et à autofinancer une partie des investissements (8,2 M€). Si l’épargne nette progresse par rapport au budget primitif 2025, où elle s’élevait à 2 M€, son niveau demeure limité. Sur ce point, Philippe Gouet a rappelé l’ampleur de la dégradation observée ces dernières années : « Trois ans avant, on avait des niveaux d’épargne entre 22 et 23 millions d’euros. On a fait face à un effondrement. » Pour 2026, la remontée attendue reste modeste : « On remonte notre niveau d’épargne à environ 8 millions d’euros. C’est extrêmement ténu. » Le président a également souligné que certains départements se trouvent désormais en épargne nette négative, situation que le Loir-et-Cher cherche précisément à éviter.

Les solidarités, priorité budgétaire et point de fragilité

Les politiques de solidarité demeurent le premier poste de dépenses du Département. En 2026, elles représentent 283 millions d’euros, soit 62 % du budget global. Cette enveloppe se répartit entre l’insertion et le logement (72 M€), les personnes en situation de handicap (65 M€), l’autonomie des personnes âgées (74 M€) et l’enfance, la famille et la santé (72 M€).

Le Département rappelle que les crédits dédiés aux solidarités ont augmenté de près de 44 M€ entre 2020 et 2026. Mais cette progression s’accompagne, selon l’exécutif, d’un désengagement financier de l’État sur les allocations individuelles de solidarité. « Il y a une dizaine d’années, nous étions compensés à hauteur de 70 %. Aujourd’hui, on est plus près de 40 à 45 % de compensation », a indiqué Philippe Gouet. Des engagements évoquant un retour à un partage à parts égales à partir de 2027 sont jugés incertains : « Et même si on arrivait à 50-50, on resterait loin du seuil d’il y a dix ans. »

Cyrille Bonvillain (DGS) et Philippe Gouet, président du Département
Cyrille Bonvillain (DGS) et Philippe Gouet, président du Département

Des recettes à la dynamique limitée

Les recettes prévisionnelles du budget 2026 progressent de 1,3 % par rapport au total voté en 2025. Une évolution qualifiée de « faible » par l’exécutif départemental. Elle repose essentiellement sur les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) et la taxe sur les contrats d’assurance, tandis que la dotation globale de fonctionnement demeure stable. Sur les DMTO, Philippe Gouet a évoqué un ralentissement du marché immobilier observé début 2026 : « En janvier, on est retombés à un peu plus de 14 %, ce qui traduit un ralentissement du marché immobilier. » Il a également souligné l’existence d’un seuil de tension sur les transactions : « En dessous de 250 000 euros, les gens achètent sans trop de difficultés. Au-delà, c’est plus compliqué. » La hausse de 0,5 % des DMTO votée en 2025 contribue mécaniquement aux recettes, mais le Département rappelle se situer désormais au plafond autorisé, comme la quasi-totalité des départements.

Un niveau d’investissement maintenu

Malgré ces contraintes, le Loir-et-Cher maintient un niveau d’investissement de 58 M€ en 2026 hors remboursement de la dette. Les principaux postes concernent les routes, ponts et bâtiments départementaux (57 M€), l’éducation, la jeunesse et les collèges (33 M€), ainsi que plusieurs projets structurants, dont la passerelle sur la Loire. Le président a insisté sur la prudence adoptée en matière d’endettement : « Nous souhaitons limiter au maximum le recours à l’emprunt. C’est vital pour la bonne santé financière du département. »

Culture, sport et vie associative : crédits stabilisés

Le budget 2026 reconduit une enveloppe de 11 millions d’euros consacrée à la culture, au sport et à la vie associative. Un maintien assumé par l’exécutif : « La culture et le sport sont des ciments de notre société. »

Le Département confirme le maintien de ses dotations aux communes et intercommunalités à hauteur de 7,5 millions d’euros, complétées par d’autres dispositifs de soutien aux projets locaux.

Santé : poursuite du plan « 41 Bonne Santé »

Le président est également revenu sur la politique de santé départementale. Selon les chiffres avancés, le plan « 41 Bonne Santé » a permis, en deux ans, l’installation de près de 130 professionnels de santé, toutes professions confondues, dont 43 en 2025. « Nous sommes le seul département en France à avoir fait venir autant de professionnels de santé à s’installer sur cette période », a affirmé Philippe Gouet.

Le Département prévoit la mise en place d’un guichet unique pour accompagner les professionnels dans leur installation, ainsi que des dispositifs pour les étudiants en santé (logements, mobilité). Un financement supplémentaire de 400 000 euros est maintenu pour l’extension ou la construction de maisons de santé pluriprofessionnelles, et le déploiement de la télémédecine est annoncé dans le nord du département.

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