Des attestations de formation citoyenne remises par le Secours catholique

Cette année, comme de coutume, des femmes et des hommes se sont vus remettre une attestation de formation citoyenne après un total de 48 heures de cours consacrées aux principes, aux règles et au fonctionnement de la société française. Derrière ce geste en apparence administratif, il y a davantage qu’un simple document : un parcours d’apprentissage, mené souvent dans un contexte de précarité, d’incertitude juridique et de pressions croissantes sur les personnes en situation de migration.
À l’heure où un examen civique – sous forme de QCM – devient obligatoire pour certaines démarches de séjour ou de naturalisation, cette formation prend une résonance particulière.

48 heures de formation pour comprendre la société française
La formation citoyenne proposée par le Secours catholique repose sur un principe clair : l’intégration ne se limite pas à une épreuve ponctuelle, mais s’inscrit dans un apprentissage progressif, fondé à la fois sur les connaissances et sur l’engagement dans la durée. L’évaluation combine un test de connaissances, et l’assiduité ainsi que la participation, considérées comme essentielles. Béatrice Garnier, pour l’équipe du Secours catholique, l’a rappelé aux participants : « On ne vous promet aucun effet automatique. En revanche, il y a un effet certain sur l’estime de soi, parce que vous avez fourni un effort extraordinaire pour accomplir tout ce que vous avez fait. » Avant d’ajouter dans un sourire : « Ce que vous avez appris, beaucoup de Français seraient incapables d’y répondre. »
Les contenus abordés couvrent les fondements de la citoyenneté : institutions françaises, valeurs républicaines, droits et devoirs, laïcité, égalité femmes-hommes, mais aussi des éléments très concrets de la vie quotidienne et administrative.

Une attestation qui prend une portée nouvelle
La remise de ces attestations est intervenu dans un contexte réglementaire modifié. Depuis le 1er janvier 2026, un examen sous la forme d’un questionnaire à choix multiples (QCM) est devenu obligatoire pour certaines démarches : l’obtention d’une carte de séjour pluriannuelle, d’une carte de résident, ou le dépôt d’une demande de naturalisation. Or, les thématiques évaluées dans cet examen civique correspondent précisément aux contenus abordés dans la formation citoyenne dispensée par le Secours catholique : valeurs de la République, fonctionnement des institutions, droits et devoirs, principes de laïcité et d’égalité.
Si l’attestation remise au pôle Gambetta ne constitue pas un sésame automatique pour une régularisation, elle atteste d’un parcours d’apprentissage réel, et d’une démarche volontaire d’intégration, désormais en prise directe avec les exigences institutionnelles.
« Celui qui est accueilli doit aussi accueillir »
Présent pour représenter l’évêque de Blois, le Chanoine Paul Boulle, vicaire général, a salué la démarche des participants : « Je suis admiratif de vous voir chercher à apprendre, à découvrir, à vous ouvrir, pour mieux comprendre notre pays. » Il a rappelé la difficulté que représente l’arrivée dans un nouveau pays : « Découvrir un autre pays, une autre culture, une autre façon de vivre et de penser suscite de nombreuses interrogations, parfois des peurs ou des incompréhensions. » Avant de résumer l’esprit de la formation : « Il y a celui qui accueille, mais celui qui est accueilli doit aussi, à sa manière, accueillir. »

Des parcours et des efforts
Cette formation repose sur un engagement bénévole important, mené par l’équipe du Secours catholique du pôle Gambetta. Christelle Leclerc, adjointe au maire de Blois en charge notamment de l’intégration républicaine, a tenu à le souligner cet aspect : « Le bénévolat demande de l’énergie et du temps, souvent pris sur la vie privée et familiale. »
Au-delà de l’engagement des bénévoles, de la détermination des candidats et du diplôme en tant que tel, la cérémonie du 6 février au pôle Gambetta a mis en lumière des parcours marqués par l’exil, l’instabilité et l’incertitude administrative. « Faire le choix de tout laisser derrière soi pour chercher un avenir meilleur ailleurs est toujours un acte extrêmement courageux », a rappelé Christelle Leclerc, notamment dans un contexte où les procédures se durcissent.
Face à cette réalité faite de ruptures, d’épreuves et de contraintes administratives croissantes, la cérémonie a aussi rappelé qu’au-delà des règles et des dispositifs, l’intégration reste avant tout une affaire de lien, de reconnaissance et de destin commun. « Il est toujours plus important de reconnaître ce qui nous unit plutôt que ce qui nous sépare », a résumé l’élue municipale, appelant à « faire France ensemble ».


