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[Municipales] Le programme que « Blois en commun » propose pour réinventer la ville

Jeudi soir, ce n’est pas dans une salle municipale ni derrière un pupitre que Blois en commun a choisi de dévoiler son programme. Le collectif a préféré un café, un commerce de proximité symbolique, dans le quartier Vienne, Le Liber’thés. Un lieu vivant du quotidien. Un lieu pour raconter déjà quelque chose de la ville telle qu’ils disent vouloir la gouverner. Avant même les mots, il y a le cadre. Avant même les mesures, une intention : le bien commun.

Car ce que Blois en commun présente ce soir-là, c’est, selon les mots mêmes de ses représentants, le fruit d’un travail engagé depuis plus d’un an et demi. “Nous avons vraiment eu la volonté de travailler dans un premier temps sur le fond des mesures avant de définir la stratégie d’alliance et le choix des personnes qui devaient incarner politiquement nos visions, nos valeurs”, explique Matthieu Marquaille. Pendant dix-huit mois, assure le collectif, il ne s’est “pas passé une seule semaine” sans réunions, sans échanges, sans déplacements sur le terrain. À cette matière brute s’est ajoutée une démarche d’éducation populaire, destinée à comprendre ce que recouvrent réellement les responsabilités municipales : le rôle d’un adjoint, d’un conseiller, les compétences propres de la Ville et celles de l’agglomération. “Ce n’est pas toujours connu des habitants. Le programme se construit donc aussi comme un outil de clarification démocratique.

Ce n’est qu’après ce temps long qu’est venue la phase de synthèse. Un travail organisé par axes thématiques, destiné à affiner progressivement les mesures, leur coût et leur faisabilité technique. Le résultat : une centaine de propositions afin d’améliorer l’existant, pour “prendre soin des habitants” et accorder “une même considération à tous les quartiers”, plutôt que de lancer de grands équipements coûteux dont la pertinence, selon eux, n’est pas toujours évidente. Cette notion de soin revient comme un fil invisible tout au long du programme. Soin des personnes, soin des quartiers, soin du territoire. Pour Ingrid Souilla, membre du collectif Nous Blois, implanté dans les quartiers nord, qui a rejoint Blois en commun, cette approche n’est pas théorique : “Certaines mesures sont très attendues par les habitants.”

Lorsque Nicolas Orgelet, la tête de liste, prend ensuite la parole, c’est pour entrer dans le programme. “L’idée générale, c’était de construire une ville qui soit vivante et protectrice.” Une ville qui place au cœur des décisions municipales “les questions de justice sociale, d’écologie et de démocratie”. Un mot se dégage aussi : réalisme. “Oui, un projet réaliste, c’est-à-dire chiffré, avec moins de grands projets, mais qui part des préoccupations du quotidien”, précise l’élu écologiste. La promesse n’est pas celle d’une rupture, mais d’une réorientation progressive.

Cette orientation se lit immédiatement dans la forme même du programme. Blois en commun n’a pas seulement produit un texte. Le collectif a choisi de représenter la ville sur une carte, d’y inscrire ses projets, de spatialiser les propositions. “On n’a pas voulu montrer qu’on balayait tout. On a voulu faire un plan de la ville, ludique, visuel et accessible à tous”, explique Nicolas Orgelet. Parce que rendre la politique accessible est, à leurs yeux, un enjeu en soi.

Réinventer Blois

Trente-cinq propositions y sont réparties. Le centre-ville, les quartiers nord, Vienne, les périphéries, les entrées de ville, les espaces naturels, les lieux du quotidien… l’idée affichée est de penser Blois comme un ensemble de centralités multiples.

Le centre-ville est bien présent — avec la lutte contre la vacance commerciale, la possibilité de rachat de locaux, la création de commerces tests, de cafés associatifs, la remise sur le marché de bâtiments après rénovation — mais il n’est jamais isolé du reste. Les autres quartiers apparaissent pleinement. Des Grouëts aux Cornillettes, la question du commerce de proximité est revenu régulièrement dans les échanges de porte-à-porte. Des habitants racontent une vie de quartier disparue, la dépendance accrue à la voiture, la difficulté d’accès aux services. Le programme propose donc d’y faciliter l’installation de commerces de proximité, accompagnés par la collectivité.

La même logique irrigue les espaces éducatifs. Les cours d’école sont pensées comme des lieux à transformer, à végétaliser, à apaiser. Une “ville à hauteur d’enfant”, selon les mots du programme, qui dépasse le simple cadre scolaire pour englober les abords, les cheminements, les usages quotidiens. Là encore, la carte fait écho au texte : renouveler les cours d’écoles, transformer les espaces publics adjacents, permettre aux enfants d’évoluer dans une ville moins minérale, plus respirable.

Cette attention portée aux usages se retrouve dans la multiplication des espaces de respiration envisagés. Rendre le parc des Lices plus attractif. Proposer un nouveau parc à la Plaine Croix-Chevalier. Aménager le parc des Mées pour les familles, en améliorant les accès vélos et PMR, en recréant une plaine de sports à l’entrée du site et en restaurant la zone humide au profit de la biodiversité et des promenades. Favoriser des cœurs d’îlots-jardins. Créer des espaces verts de convivialité, parfois équipés de barbecues partagés.

Cette vision paysagère se prolonge dans une ambition plus large : relier les quartiers entre eux. Nicolas Orgelet parle de “casser les frontières invisibles”, de faciliter les liens, de permettre des déplacements apaisés à pied, à vélo, à trottinette, pour tous les âges. Le programme évoque ainsi la création de promenades interquartiers arborées. La relation au fleuve apparaît explicitement dans les propositions. Favoriser les liens avec la Loire, étudier la possibilité de relancer la baignade, mieux aménager les accès, redonner une place au fleuve comme espace partagé.

Dans le même mouvement, le programme affirme une ligne claire sur l’aménagement du territoire : reconstruire la ville sur elle-même pour stopper l’étalement sur les terres agricoles. Avec des propositions concrètes : définir un périmètre de protection des espaces naturels et agricoles périurbains, protéger les zones de captage d’eau potable, mettre en œuvre une Déclaration d’Utilité Publique pour finaliser des acquisitions foncières, reloger les habitants concernés, nettoyer les sites pollués et définir des zones de protection intégrale de la nature.

Alimentation

Cette dimension écologique n’est jamais dissociée de la question sociale. C’est particulièrement vrai sur la question de l’alimentation avec l’expérimentation d’une sécurité sociale dédiée, destinée à donner accès à une alimentation de qualité à toutes et à tous, sans condition de revenus. Le renforcement des coopérations avec les associations d’aide alimentaire. La construction d’une nouvelle cuisine centrale municipale. Un restaurant solidaire associé, ouvert potentiellement le soir et le week-end, pour les personnes à faibles revenus, les étudiants, les personnes âgées isolées. À cette chaîne s’ajoute la création d’une ferme municipale, pensée comme complémentaire des producteurs existants. “On veut d’abord favoriser les producteurs locaux”, précise Nicolas Orgelet, la ferme venant produire ce que les exploitations locales ne peuvent pas fournir. Autour, le programme évoque le développement de vergers communaux, le pâturage, l’installation de producteurs bio au plus près des habitants, ainsi qu’un tiers-lieu dédié à l’éducation à l’alimentation et aux paysages, en lien avec la réinsertion professionnelle et la culture. L’alimentation devient alors un point de jonction entre santé, écologie, agriculture, justice sociale et lien social.

Santé

C’est aussi par la santé que le programme prend une dimension très concrète. Ingrid Souilla le dit clairement : “Nous pensons que la santé n’est pas un privilège, mais un droit.” Elle décrit les difficultés d’accès aux soins à Blois, les renoncements, les délais, les obstacles. La réponse proposée est structurante : la création d’un centre municipal de santé, avec médecins et professionnels paramédicaux, pour garantir un accès effectif aux soins. À cela s’ajoute une politique d’attractivité des soignants, l’accueil de formations médicales, des conventions avec les universités, le soutien à la rénovation de l’hôpital. La prévention, notamment en santé mentale, occupe une place centrale. Ingrid Souilla rappelle qu’une personne sur cinq est concernée par des troubles psychiques. Le programme propose donc de renforcer la prévention et de former largement aux premiers gestes de secours en santé mentale, afin de détecter plus tôt et d’accompagner plus rapidement. “Notre ambition est simple”, conclut-elle : faire de Blois “une ville qui protège, qui soigne, qui accompagne et qui ne laisse personne sur le côté.”

Démocratie

La question de la démocratie traverse l’ensemble du programme comme une colonne vertébrale. Nicolas Orgelet le formule sans détour : “On ne veut pas faire vivre la démocratie uniquement au moment de la campagne, mais tout au long du mandat.” Ce refus d’une démocratie intermittente structure une série de propositions qui reviennent à plusieurs reprises, sous des formes différentes, mais toujours avec la même intention : redonner aux habitants une place active dans la décision publique.

Trois grands sujets sont identifiés comme nécessitant une co-construction approfondie : la santé, l’économie et la sécurité–incivilités. Des thèmes complexes, dit-il, “avec des multicompétences”, où l’expertise d’usage des habitants est jugée indispensable. Le programme prévoit ainsi la mise en place de conventions citoyennes ou de formats équivalents, capables d’associer habitants, acteurs de terrain et experts, afin de construire des réponses collectives.

Cette démocratie participative se prolonge par un droit d’interpellation citoyenne. Le principe, expliqué lors de la conférence de presse, est volontairement progressif : permettre à des citoyens en désaccord avec un projet de se regrouper, de formuler une interpellation, d’être reçus par les élus, puis, à partir d’un certain nombre de signatures, de retravailler le projet avec des experts. Pour Nicolas Orgelet, l’enjeu est clair : transformer l’opposition en capacité de proposition. “C’est comme ça qu’on crée de la citoyenneté et de l’intérêt pour l’intérêt général.”

Le programme insiste également sur l’accès à l’information, souvent présenté comme un angle mort de la démocratie locale. Open data, suivi des engagements municipaux, décloisonnement de l’information, mais aussi meilleure visibilité des initiatives associatives et culturelles existantes. L’objectif n’est pas de produire toujours plus d’événements municipaux, mais de coordonner, de rendre lisible, de faciliter l’accès à ce qui existe déjà.

Mobilités

Cette logique d’usage se retrouve dans la politique de mobilité, largement développée lors de la présentation du programme. Matthieu Marquaille insiste sur le fait que la mobilité est un enjeu quotidien, pour les habitants comme pour les entreprises, mais aussi un facteur d’attractivité du territoire. Le programme entend “penser toutes les mobilités”, sans en privilégier une au détriment des autres.

Il est ainsi question d’un plan piéton, d’un plan vélo plus ambitieux, d’une amélioration des fréquences de bus et de navettes, de tests de gratuité certains jours, mais aussi de navettes de nuit. L’enjeu, explique-t-il, est simple : permettre de se déplacer sans contrainte excessive, pouvoir sortir, aller au restaurant, au cinéma, à un événement culturel, et rentrer chez soi sans dépendre systématiquement de la voiture.

Le quartier de la gare occupe une place particulière dans cette réflexion. Sujet récurrent du débat public, il est présenté comme un site à retravailler collectivement. Le programme prévoit une co-construction avec l’ensemble des acteurs concernés afin de faire de la gare un véritable pôle multimodal, lisible et attractif. Les horaires des navettes gratuites doivent être adaptés aux arrivées et départs des trains, afin d’éviter les situations bien connues où la navette “passe sous le nez” des voyageurs. Une augmentation des fréquences est également envisagée, condition jugée indispensable pour renforcer l’usage des transports publics.

La carte du programme précise cette ambition. Trois navettes gratuites partiraient de trois parkings relais périphériques gratuits et sécurisés vers le centre-ville. Les itinéraires pourraient être repensés avec les habitants afin de mieux desservir les lieux de travail et de s’adapter à des horaires décalés. Une liaison reliant les quartiers ouest, nord et est — du complexe Saint-Georges à l’hôpital, en passant par la place Lorjou — sans passer par le centre-ville, serait étudiée pour faciliter des liens interquartiers parfois difficiles.

La question du stationnement n’est pas évacuée. Elle apparaît au contraire comme un sujet récurrent des échanges avec les habitants. Parkings jugés insuffisants, tarifs élevés, difficultés pour les personnes âgées ou les familles. Le programme propose donc de travailler à une gratuité partielle, notamment sur la première heure et demie, afin de fluidifier les usages sans créer de nouvelles places, en limitant les voitures ventouses tout en maintenant l’accessibilité.

Ces mobilités sont aussi pensées en lien avec le monde économique. Le programme évoque des espaces de qualité pour les entreprises et leurs salariés : parkings partagés, voies cyclables, transports publics adaptés, mais aussi lieux de pause, bancs, fontaines, restauration. L’idée n’est pas uniquement de déplacer, mais de créer des conditions de travail plus agréables et plus durables.

Economie

Sur l’économie justement, Nicolas Orgelet insiste sur un changement de regard. “Nous ne voulons pas une économie où l’on se contente d’ouvrir du foncier et d’attendre que des entreprises viennent.” Le programme privilégie une approche fondée sur l’existant : entreprises locales, salariés, syndicats, acteurs économiques déjà implantés. L’enjeu est d’ancrer durablement l’activité sur le territoire, de favoriser les coopérations, les mutualisations, les synergies.

Il évoque par exemple la possibilité de mutualiser des parkings, des bureaux, des équipements, ou de favoriser des coopérations énergétiques entre entreprises productrices et consommatrices. Pour lui, ces coopérations créent de l’attachement au territoire et renforcent la robustesse économique face aux crises énergétiques ou aux risques de délocalisation. Le programme prévoit également un appui en ingénierie publique, permettant d’accompagner ponctuellement des entreprises sur des problématiques techniques ou administratives qu’elles ne peuvent pas toujours assumer seules. Cette approche est pensée comme un levier de développement local.

La question commerciale, elle, est traitée à la fois comme un enjeu économique et comme un enjeu de qualité de vie. Le programme propose d’utiliser le droit de préemption pour reprendre la main sur des bâtiments vacants du centre-ville, mais aussi de créer des commerces tests, avec des loyers progressifs et un accompagnement administratif sur plusieurs années. L’objectif est de permettre à des porteurs de projets de tester leur modèle économique sans prendre de risques insurmontables. Une fois encore, cette logique n’est pas réservée au centre-ville. Le programme prévoit d’étendre cette démarche aux quartiers périphériques, en lien avec les habitants, afin de recréer des centralités de proximité et de limiter les déplacements contraints.

Le tourisme occupe également une place à part dans le programme présenté par Blois en commun, pensé comme un levier économique majeur mais aussi comme un champ à rééquilibrer. Nicolas Orgelet rappelle que Blois bénéficie déjà d’une forte attractivité, largement portée par le château, mais estime nécessaire de “faire durer les temps de séjour”. L’objectif n’est pas seulement d’attirer, mais d’inciter les visiteurs à rester plus longtemps, à découvrir des sites moins connus et à sortir d’une consommation touristique concentrée sur quelques heures. Dans cette logique, le collectif évoque la mise en place d’offres croisées, permettant par exemple de relier la visite du château à la découverte d’autres lieux patrimoniaux ou naturels du territoire, afin de valoriser un patrimoine plus discret, souvent ignoré des visiteurs de passage.

La question de la désaisonnalisation est également posée comme un enjeu central. Il s’agit, selon les propos tenus, de développer une offre touristique hors période estivale, notamment en hiver, en s’appuyant sur les paysages ligériens, l’observation de la faune, les itinéraires de nature, ou encore des propositions à dimension gastronomique. La Loire n’est ainsi plus seulement envisagée comme un décor d’été, mais comme un espace vivant toute l’année. Ce tourisme est décrit comme un tourisme plus lent, plus doux, davantage tourné vers la marche, le vélo et la découverte du patrimoine naturel. Un tourisme “qui prend le temps”, selon les mots employés, et qui permettrait également à des habitants du territoire, parfois éloignés des vacances traditionnelles, de s’offrir des parenthèses de proximité, le temps d’un week-end, sans contrainte financière excessive.

Culture, sport et vie associative

La culture, le sport et la vie associative occupent également une place importante dans le programme en tant que moyens de cohésion. Le texte revendique une culture fondée sur les droits culturels, la création locale, la participation des habitants. La carte évoque ainsi la création d’un théâtre ouvert à l’art citoyen, aux résidences d’artistes et aux acteurs culturels locaux, ainsi que le soutien aux initiatives existantes.

Les équipements sportifs doivent être rénovés, de nouveaux usages encouragés, comme la création d’un espace de street workout à proximité de la place Lorjou. Le sport est abordé à la fois comme pratique de santé, outil de mixité et vecteur de lien social. La jeunesse, elle, est pensée dans la continuité de cette approche. Conseils de jeunes, conseils municipaux des enfants, éducation populaire, participation réelle aux décisions locales.

Un programme à budget constant

Cette cohérence se retrouve jusque dans la conclusion budgétaire du programme. Nicolas Orgelet insiste sur un point : le programme a été conçu pour être appliqué à budget constant. La prudence est assumée, dans un contexte de forte incertitude sur les dotations de l’État. Pour autant, il rappelle que l’inaction climatique aurait un coût bien supérieur à l’investissement. Le collectif vise ainsi à porter à 75 % la part des dépenses municipales inscrites dans un budget vert.

Moins de grands projets, mais davantage d’attention portée au patrimoine existant, aux écoles, aux équipements, à la rénovation énergétique. Des arbitrages devront être faits, reconnaît la tête de liste de Blois en commun, et certains projets pourraient faire l’objet de référendums citoyens, comme celui du secteur Saint-Vincent (et sa halle maraichère) à 5 millions d’euros. Là encore, la méthode prime : décider avec les habitants. “Une fois élus, on ne va pas chômer”, conclut Nicolas Orgelet, évoquant un pilotage technique et financier fort, un travail étroit avec les services municipaux, et une volonté de gouvernance collective. Y compris en ce qui concerne Agglopolys. « Sa présidence s’établit à partir de ce qui est comme un troisième tour. »

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