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Quand le destin tragique du Pont Saint-Louis se dévoile

Cette époque de l’année apporte un cadeau aux habitants de Blois et aux amateurs d’histoire : la révélation des vestiges du Pont Saint-Louis, un ouvrage disparu depuis des siècles.

Le destin tragique du Pont Saint-Louis en 1716

Notre voyage dans le passé commence en 1716, en plein mois de février, lors d’un hiver particulièrement rude. La Loire, prise par les glaces depuis plusieurs semaines, se fige complètement. Cependant, avec la montée des températures, des fractures se forment dans la glace, annonçant la débâcle imminente. Le 5 février, la glace cède sous la pression du courant, et d’épaisses plaques de glace emportent treize des vingt arches qui le composent. La Loire emporte avec elle le pont-levis, la chapelle Saint-Fiacre, les cinq moulins et les échoppes, coupant la ville en deux. En effet, il était autorisé de construire des édifices en bois sur le pont en contre partie d’un loyer versé à la ville.

Les dégâts sont si importants que le régent, Philippe d’Orléans, autorise immédiatement la construction d’un nouveau pont, conçu par l’architecte Jacques Gabriel. L’ouvrage moderne, doté d’un tablier en dos d’âne, est érigé en amont de l’ancien pont, permettant aux habitants de Blois de traverser à pied la Loire en mai 1724.

Extrait de l’ouvrage Blois et ses Environs (Gallica)

Le retour des vestiges

Les vestiges du Pont Saint-Louis, d’une largeur de 7,25 mètres, ont disparu sous les eaux de la Loire depuis cette époque. Cependant, à chaque période d’étiage, lorsque les niveaux d’eau sont particulièrement bas, ces vestiges refont surface. Actuellement, les piles du pont médiéval sont à nouveau visibles, et il est possible de retrouver leur emplacement à la hauteur de la rue du Commerce. Ce pont fut construit au XVème siècle, possiblement à environ 50 m en amont du pont antérieur.

Carte de 1573 – Culture 41

Non loin de là, des pieux en bois émergent de l’eau, témoignant de la passerelle provisoire mise en place après que le pont a été dynamité par les Allemands le 16 août 1944. Cette passerelle fut utilisée jusqu’en décembre 1948. Plus en aval, près de la rue des Jacobins et de l’ancienne halle Louis-XII, on découvre 304 pieux répartis sur 115 mètres de long. Ces pieux sont les vestiges d’un pont gallo-romain. Plus on avance dans le lit du fleuve, plus les piles deviennent massives, et les archéologues estiment que l’ouvrage comportait une chaussée d’une largeur impressionnante de 8 mètres.

Le pont Jacques-Gabriel et la transformation de Blois

La catastrophe de 1716 a marqué la fin d’une époque pour Blois. Le nouveau pont conçu par Jacques Gabriel, architecte du roi, et financé par le trésor royal, a révolutionné la ville. Conçu sans maisons et avec une élégante courbure en dos d’âne, le pont Gabriel est devenu l’un des plus beaux du royaume. Autour du pont, la ville a également connu des changements significatifs, avec la transformation des anciens remparts en quais, l’aménagement du mail, et la création ultérieure d’une avenue vers le sud.

Le pont Gabriel a traversé les siècles, subissant seulement les outrages des guerres en 1871, 1940 et 1944. Si le pont de pierre du XIIIe siècle est bien documenté, l’existence d’un pont encore plus ancien, remontant au haut Moyen Âge, reste une énigme. Les vestiges sont nombreux, notamment ce qui pourrait être les restes d’une pile de pont encore plus ancienne, datant probablement du Xe-XIe siècle.

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