Un univers poétique et narratif : l’art singulier de Constance Gilquin

Depuis ce mercredi 24 juin 2026, les créations de Constance Gilquin sont proposées à la boutique Blois Capitale, 16 rue Émile-Laurens, à Blois. Assiettes, bols, tasses, pièces décoratives : son univers rejoint notre antre. Un chat noir semble immergé dans une eau onirique, les yeux lourds et les oreilles dressées. Un autre, roux, apparaît dans un décor de fleurs, de feuilles et de traits colorés. Des poissons rouges traversent des bols et des assiettes dans des nappes bleutées. Chaque pièce semble raconter quelque chose sans imposer totalement son histoire.

« Je reste sur la même ligne », explique Constance Gilquin. Une céramique vivante, dessinée, traversée par la couleur. Mais elle précise avoir fait évoluer sa manière de dessiner sur la céramique : « Je travaille quand même de plus en plus le côté crayonné, pour arriver à quelque chose de proche de ce que je pouvais avoir sur papier. » Lorsqu’elle le souhaite, elle peut utiliser un crayon de papier pour poser un croquis préalable : « Le crayon de papier va cuire et disparaître complètement à la cuisson. Je peux donc l’utiliser comme manière d’avoir un croquis sous mon dessin final. » Ensuite vient une technique plus personnelle. Constance Gilquin fabrique ses propres craies d’oxyde à partir de poudre amalgamée. Ces petites craies lui permettent d’obtenir un rendu crayonné. Elle les associe à des pipettes remplies d’émail, utilisées pour tracer des lignes plus nettes, presque comme au liner. Elle dilue également l’émail pour créer des effets proches du lavis ou de l’aquarelle.
Un univers poétique, singulier et narratif
Constance Gilquin définit son style comme « narratif, assez poétique ». Ses animaux ont une attitude, une humeur, une présence. Ils boudent, observent, flottent, traversent une scène végétale ou aquatique. Son idée est de faire entrer des histoires dans la vie ordinaire. La jeune femme veut apporter « couleurs, poésie et histoires » dans le quotidien, à travers des fresques peintes et des créations en céramique. Ses pièces invitent à s’attarder, à regarder le détail d’un museau, d’un feuillage, d’un poisson, d’un trait de couleur.

Une formation entre Beaux-Arts et cinéma d’animation
Constance Gilquin vient d’un environnement familial où l’architecture et l’art occupent une place importante. Elle se forme aux Beaux-Arts, puis à l’école Georges Méliès, spécialisée dans le cinéma d’animation. Cette formation explique en partie son rapport au récit visuel.Elle construit des scènes, des caractères, des atmosphères.
Avant de créer son atelier, elle travaille pendant sept ans chez Illumination Mac Guff, grand studio parisien d’animation. Elle y exerce comme hair graphiste, avec une spécialité très précise : les poils, les coiffures, les pelages. Elle participe à des productions connues du grand public, dont Mario, Les Minions ou Moi, moche et méchant. Elle garde un bon souvenir de cette période : « C’était super, j’avais une super équipe, on bossait sur des projets avec des sous, donc on pouvait approfondir et faire des rendus vraiment chouettes. » Mais cette expérience, aussi formatrice soit-elle, ne suffisait pas à répondre à son désir de raconter ses propres histoires. En 2022, elle se lance à son compte et installe son atelier à Lavardin, dans un habitat troglodytique. La céramique devient alors l’un de ses supports principaux, sans être exclusive. « Mon idée, c’est de raconter des histoires. La céramique, c’est super à travailler, mais je ne veux pas me limiter. »

Une nouvelle série née pendant la canicule
Parmi les pièces arrivées à la boutique, certaines appartiennent à une série d’animaux qui semblent bouder. À la question de l’histoire qui a fait naître cette série, Constance Gilquin répond simplement : « Là, c’était en pleine canicule. » La chaleur devient donc un point de départ narratif. Les animaux ont chaud, s’agacent, se retirent, se laissent gagner par une forme de lassitude comique. La créatrice ne force pas l’interprétation. Elle donne un point de départ, puis laisse chacun poursuivre le récit.
Les créations de Constance Gilquin ne sont pas pensées comme des objets fragiles à tenir à distance du quotidien. Les pièces peuvent passer au lave-vaisselle. « Moi, je les utilise au quotidien. » Ces objets sont faits pour vivre. Ils peuvent être utilisés, manipulés, habiter une cuisine, une table, un repas. « L’idée, c’est quand même vraiment de pouvoir apporter de l’unique dans des objets du quotidien. » D’ailleurs, Constance constate que les acheteurs reviennent souvent vers elle pour étoffer leur vaisselle.
À Blois, son travail trouve désormais un nouveau point d’ancrage. Notre boutique accueille ses céramiques dans un environnement où se croisent créations locales, objets singuliers, artistes et artisans. Les pièces de Constance Gilquin y trouvent naturellement leur place. Car la jeune femme ne fabrique pas une vaisselle anonyme. Elle fait entrer des histoires dans les objets. Et depuis aujourd’hui, ces histoires sont à découvrir chez Blois Capitale.
Pour en savoir plus sur l’atelier de Constance : Instagram : @cocolegram


