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Une rencontre avec Manon Leduc autour de L’Odyssée des sternes

Dimanche 18 janvier 2026, à 15 heures, la grande halle de la Halle aux Grains accueillera, dans le cadre de Génération Climat #5, une rencontre avec Manon Leduc, chargée d’études ornithologiques à la Ligue pour la Protection des Oiseaux Centre-Val de Loire. Un temps d’échange ouvert à toutes et tous, gratuit et sans réservation, consacré à la découverte de son ouvrage L’Odyssée des sternes (12€). Dans le livre, elle retrace le parcours des sternes entre les côtes africaines et les bords ligériens où elles viennent se reproduire.

Manon Leduc et L’Odyssée des sternes
L’Odyssée des sternes (LPO)

Écrit et illustré par Manon Leduc, L’Odyssée des sternes s’inscrit dans le prolongement direct de son travail de terrain, en faisant dialoguer l’étude des sternes et une pratique personnelle du dessin pensée comme un outil de sensibilisation. L’ouvrage suit le cycle de vie de ces oiseaux migrateurs, de leur retour sur la Loire à leur reproduction, en abordant leur vulnérabilité et les enjeux de leur protection à partir d’une observation attentive et continue du terrain.

Manon Leduc et L’Odyssée des sternes
L’Odyssée des sternes (LPO)

Des sternes en danger

Sur la Loire, deux espèces sont concernées : la sterne pierregarin et la sterne naine. Manon Leduc les observe exclusivement durant leur présence en France, pendant la période de reproduction. « Je les étudie uniquement quand elles sont dans nos régions, à partir du mois de mars et jusqu’à la fin août, début septembre. » Grégaires, nichant en colonies, les sternes sont relativement faciles à observer à cette période. Pour autant, certaines dynamiques échappent encore à la compréhension scientifique. « Parfois, des colonies désertent certains sites sans cause apparente. On les a observées toute la saison, et on ne sait pas du tout pourquoi elles ont décidé de partir ni pourquoi elles ne reviennent pas. »

Longtemps méconnues du grand public, les sternes bénéficient aujourd’hui d’une meilleure reconnaissance. « Il y a quelques années, quand on parlait des sternes, la plupart des gens ne savaient pas à quoi on faisait allusion ou confondaient avec des mouettes. » Cette évolution s’explique par un important travail de sensibilisation mené à l’échelle du bassin ligérien, mais aussi par l’état de conservation préoccupant de l’espèce. « Ce sont des oiseaux aujourd’hui en danger d’extinction sur la Loire. »

LPO CVL

Dérangements humains et aléas naturels

Les causes de ce déclin sont multiples. « C’est multifactoriel », résume l’experte. Le dérangement humain constitue l’un des principaux facteurs de vulnérabilité : traversées de la Loire à pied lorsque le niveau est bas, baignade, passages de canoës à proximité des colonies, fréquentation des îlots.

Les sternes nichent directement au sol, sur des bancs de sable très peu végétalisés. « Ce sont des oiseaux très farouches. Même à 20 ou 30 mètres, on voit que c’est la panique générale dans la colonie. » Cette panique a des conséquences directes : œufs abandonnés, poussins exposés. « Les corneilles et les goélands profitent de la panique pour manger les poussins ou les œufs. »

L'odyssée des sternes (LPO)
L’odyssée des sternes (LPO)

À ces pressions s’ajoutent les crues estivales. « Elles viennent submerger les îlots pendant la période de reproduction, au moment de la couvaison et de l’élevage des jeunes, et ça met en échec la totalité de la nidification. » Les feux d’artifice tirés à proximité des colonies constituent également un facteur de perturbation majeur : « Les adultes désertent la colonie pendant toute la durée du feu, parfois la moitié de la nuit. »

Des chiffres qui confirment la tendance

Les suivis réalisés depuis plus de dix ans en Indre-et-Loire, et désormais coordonnés à l’échelle du bassin de la Loire, mettent en évidence une baisse nette des populations. « Pour la sterne pierregarin, on est passé d’environ 1 400 couples en 2019 à environ 1 000 en 2025 », nous dit Manon. Pour la sterne naine, « on est passé de 550 couples à environ 500 en 2025, après être tombés quasiment à 400 en 2024. »

Des territoires encore favorables, mais sous pression

Certaines zones restent plus propices à l’installation des sternes, notamment en région Centre-Val de Loire et en Anjou, où subsistent de grands bancs de sable dépourvus de végétation. À Blois, le site de l’ancien barrage accueille l’une des principales colonies du département.

La fidélité des sternes à leurs sites de nidification rend toutefois ces équilibres précaires. « Si les sternes sont dérangées tous les ans, au bout d’un moment, elles vont quitter ce site. Et aujourd’hui, sur la Loire, on a de moins en moins de sites favorables. »

C’est dans ce contexte qu’est né L’Odyssée des sternes. « Je voulais inclure de la sensibilisation, mais d’une manière un petit peu différente de ce qu’on avait l’habitude de faire. » D’abord pensé comme un projet numérique, publié sous forme de planches au fil de la saison de reproduction, l’ouvrage a ensuite été imprimé face à l’accueil du public.

Une espèce « parapluie » pour parler du fleuve vivant

Au-delà des sternes elles-mêmes, leur protection bénéficie à d’autres espèces plus discrètes. « C’est ce qu’on appelle une espèce parapluie. » Préserver leurs sites de nidification permet de protéger tout un cortège d’oiseaux du fleuve, eux aussi en déclin. « Les sternes sont faciles à observer, présentes sur tout le bassin de la Loire, y compris au cœur de grandes villes comme Angers, Tours, Blois ou Orléans. » En les rendant visibles et compréhensibles, la sensibilisation touche plus largement aux équilibres écologiques de la Loire et à la nécessité de préserver un fleuve vivant.


📚🕊️ Rencontre avec l’autrice Manon Leduc — Odyssée des sternes 📍 Halle aux Grains — grande halle 📅 Dimanche 18 janvier 2026 🕒 15h00 💶 Gratuit — sans réservation

>> Lien pour commander le livre : helloasso.com/associations/lpo-centre-val-de-loire/boutiques/l-odyssee-des-sternes

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