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France Santé en Loir-et-Cher : une promesse… et un chantier

Ce vendredi 9 janvier, à Blois, Joseph Zimet, préfet de Loir-et-Cher, Philippe Gouet, président du Conseil départemental, et Caroline Janvier, directrice départementale de l’Agence régionale de santé (ARS) Centre-Val de Loire, ont officiellement dévoilé la liste des dix structures de santé labellisées « France Santé » sur le territoire loir-et-chérien.

Cette annonce marque la mise en œuvre locale d’un dispositif national porté par l’État, inscrit dans la loi de financement de la Sécurité sociale, et destiné à renforcer l’accès aux soins de premier recours dans les zones confrontées à la désertification médicale. En Loir-et-Cher, elle s’appuie sur un copilotage associant l’État, le Département et l’ARS, avec le soutien de l’Assurance maladie.

Au-delà de la présentation des structures retenues, cette séquence a été l’occasion d’un échange approfondi sur l’état de l’accès aux soins dans le département, les leviers mobilisés pour renforcer l’offre existante, les limites du dispositif France Santé et les perspectives à moyen et long terme pour répondre à une pénurie médicale durable.

D’autant plus que, comme le dit le préfet, la santé est la préoccupation “numéro un” et, au fond, une question d’égalité réelle. Philippe Gouet, président du Conseil départemental, insiste lui aussi sur la centralité du sujet : quand on interroge les gens, la santé c’est important et on sait que notre système se dégrade”. L’idée n’est donc pas seulement de créer un logo ou d’ajouter une plaque. C’est de construire — ou de tenter de construire — un réseau lisible, identifié, piloté, censé rendre la réponse plus simple et plus rapide.

Un dispositif national, présenté comme un réseau de proximité

Le dispositif France Santé est présenté comme un réseau soutenu et financé par l’État et ses opérateurs, rappelle Joseph Zimet. Et pour le rendre immédiatement compréhensible, le préfet convoque une comparaison : dans sa résonance même, France Santé rappelle un petit peu France Services”, ce réseau de guichets publics de proximité.

Le principe, tel qu’énoncé lors de cette présentation, est clair : structurer une offre de soins de premier recours en l’adossant à des lieux identifiables et alignés sur des standards communs.

L’ambition annoncée est double, et elle frappe par sa simplicité : un rendez-vous en moins de 48 heures et à 30 minutes de distance, résume le préfet. Caroline Janvier reprendra ensuite ces objectifs comme un horizon : ce sont des objectifs à long terme, précise-t-elle, qui ne seront pas effectifs dès la mise en place de ces labels”. Cette nuance est essentielle : l’annonce assume une visée, une direction, mais pas une transformation instantanée. Cela sans construire de nouveaux bâtiments, mais en labellisant l’existant autour d’une offre socle commune. Ce choix — renforcer, plutôt que bâtir — dit beaucoup de l’époque : celle où l’on cherche des solutions “praticables” sans attendre un hypothétique renversement de la démographie médicale.

Un pilotage à trois : préfet, Département, ARS — et la CPAM comme pivot

C’est l’un des points structurants de cette séquence : France Santé, en Loir-et-Cher, est présenté comme un dispositif piloté localement par un “trinôme” composé de la Préfecture, du Conseil départemental et de l’ARS. Il se complète d’un quatrième acteur incontournable : la CPAM, “un des financeurs”, “une signature de convention” avec les établissements labellisés.

Autour de cette gouvernance, un discours plus politique affleure : Joseph Zimet glisse, non sans ironie, que les préfets seraient “à la mode”, et que certains souhaitent “accroître” leurs compétences, notamment en santé. Mais il met un bémol : il faut être prudent. Les préfets ne savent pas tout faire.” Il rappelle même avoir dit à la directrice générale de l’ARS qu’il revendiquait une incompétence en matière de santé, avant d’ajouter qu’il assumerait ce que le gouvernement lui confierait. Derrière l’humour, un sujet de fond : la santé devient un champ où l’État cherche de nouveaux modes d’action, et où les départements — déjà très impliqués — souhaitent peser, au nom de l’attractivité et de la proximité. Joseph Zimet le reconnaît : les départements sont de plus en plus présents en matière de santé, et le Loir-et-Cher en a fait un axe de travail”, “un levier d’attractivité”.

Le Loir-et-Cher, tel qu’il est

Caroline Janvier déroule un état des lieux précis, qui sert de décor réel à la promesse France Santé. Elle rappelle d’abord l’existant : 26 MSP (maisons de santé pluriprofessionnelles), 7 CPTS, et 19 centres de santé, dont 12 dentaires. Elle mentionne aussi les centres Agirc-Arrco. Puis elle décrit le travail de projection démographique : départs en retraite, installations, arrivée des médecins juniors, avec une phrase qui revient comme un leitmotiv : la ressource médicale est “rare”. La directrice départementale de l’ARS situe aussi la géographie de l’offre : une concentration sur l’axe ligérien et des zones blanchesnotamment dans le nord du département et en Sologne, considérées comme particulièrement vulnérables”.

Sur le plan démographique, le constat est dur : on a une démographie défavorable avec des départs en retraite chez les médecins libéraux.” Elle note un contraste : ça n’est pas le cas chez les médecins hospitaliers, où on a une augmentation.” Mais pour la médecine de ville — celle qui structure la vie quotidienne des habitants — la pente est défavorable, et tout l’enjeu est de gérer au mieux une ressource déjà sous tension.

Ce que le label change, et ce qu’il ne change pas

Dans cette présentation, France Santé est décrit comme un outil de renforcement et de lisibilité, pas comme un outil miraculeux. Philippe Gouet pose lui-même la limite : ce dispositif France Santé ne va pas régler tous les problèmes d’accès aux soins en France.” Puis il insiste : mais c’est un outil supplémentaire”.

France Santé en Loir-et-Cher

Caroline Janvier emploie des mots proches : le financement doit servir à renforcer les équipes sur place”, à soutenir la coordination, le numérique, des actions de prévention spécifiques. Elle précise : un outil de soutien de l’existant”. Philippe Gouet le dit d’une formule nette, presque journalistique : il faudra éviter un label papier.

Dix structures labellisées dans le 41

Après les principes, les objectifs et la gouvernance, vient le moment concret : celui des lieux.
Car France Santé ne crée pas de nouvelles structures. Il sélectionne, labellise, organise ce qui existe déjà. Caroline Janvier énumère les dix établissements retenus pour cette première vague de labellisation en Loir-et-Cher. La liste dessine une géographie précise :

  • la maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) de Vendôme,
  • la MSP de Saint-Aignan,
  • la MSP de Lamotte-Beuvron,
  • la MSP de La Chaussée-Saint-Victor,
  • la maison médicale de Veuzain-sur-Noire,
  • le centre de santé de Suèvres,
  • le centre de santé de Lamotte-Beuvron,
  • la MSP de Noyers-sur-Cher,
  • la MSP Rabelais de Blois,
  • le centre de santé de Beauce-la-Romaine.

Cela correspond à un maillage territorial intéressant, souligne la directrice de l’ARS. Intéressant, car il couvre à la fois la Sologne, le Vendômois, la vallée du Cher et l’agglomération blésoise. Intéressant aussi parce qu’il associe maisons de santé pluriprofessionnelles et centres de santé, deux modèles d’exercice différents, deux attractivités distinctes pour les professionnels. Mais ce maillage ne doit pas être lu comme un aboutissement. Caroline Janvier le précise : ce nombre a vocation à augmenter”. Le plafond national est fixé à trente structures par département, mais en Loir-et-Cher, le potentiel réel est plus limité :on a repéré une vingtaine de structures labellisables”.

Ce label doit, avec d’autres leviers et outils, participer à rendre plus attractives ces structures. L’idée n’est pas de tout résoudre, mais de flécher. Flécher les moyens. Flécher les patients. Flécher les professionnels. Un point revient avec insistance : l’encadrement des médecins juniors. Car France Santé ne pourra fonctionner sans une stratégie de formation et de renouvellement. Sur ce point, Caroline Janvier est très claire : la ressource médicale est rare, et elle le restera encore plusieurs années.

L’accueil des médecins juniors constitue l’un des leviers majeurs. Nous en accueillerons autour de 19 à la rentrée 2026, annonce-t-elle. Mais immédiatement, elle pose la condition : il faut trouver des médecins tuteurs. Sans encadrement, pas d’accueil possible. À cela s’ajoute le Campus Santé 41, présenté comme une opportunité structurante. Dès 2026, il accueillera des étudiants en formation paramédicale, puis des étudiants en médecine l’année suivante. C’est une belle opportunité pour le département, souligne la directrice de l’ARS.

Le travail commence même plus tôt : Caroline Janvier évoque des actions menées avec l’Éducation nationale, notamment des stages de troisième et de seconde, pour intéresser les collégiens et les lycéens à ces professions-là”. Face aux départs en retraite et à l’arrivée différée de nouveaux professionnels, l’ARS assume une stratégie de “boîte à outils”.

Philippe Gouet évoque aussi des dérogations possibles pour le label : dans certains déserts médicaux, des pharmacies équipées de dispositifs de télémédecine peuvent bénéficier de dérogations. L’élu ouvre une autre piste : si un jour un médicobus venait à circuler en Loir-et-Cher, il pourrait aussi être labellisé France Santé”. Le dispositif n’est donc pas figé. Il se veut adaptable, à condition que les solutions soient opérationnelles. Dans la foulée, le président du conseil départemental pointe un écueil structurel : la gestion annuelle de la santé par le seul PLFSS. “Tant qu’on n’aura pas une loi de programmation santé pluriannuelle, on n’y arrivera pas”, martèle-t-il. Une vision partagée par Départements de France, dit-il, et portée régulièrement auprès des ministres. Car ce qu’il faut aujourd’hui, ce sont des priorités claires et des moyens associés.

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