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Lula désavoué, l’UE face à la surpêche… les actualités internationales

Pour connaître en trois, quatre voire cinq petites minutes l’essentiel des actualités internationales, nous vous proposons ce condensé d’informations. Que se passe t-il dans le monde ce 31 mai 2023 ? Nous allons au Brésil, au Japon, et en mer…

Brésil : Lula désavoué par le parlement sur la démarcation des terres indigènes

Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a subi un revers politique important alors que le parlement a voté en faveur d’un projet de loi limitant la démarcation des terres indigènes. Ce texte établit que les autochtones n’ont droit qu’aux terres qu’ils occupaient au moment de la promulgation de la Constitution de 1988. Cette décision a été approuvée par 283 voix contre 155, provoquant des manifestations à travers le pays.

Les autochtones contestent cette thèse, affirmant qu’ils n’occupaient pas certaines terres en 1988 en raison de l’expulsion qu’ils ont subie au fil des siècles, notamment pendant la dictature militaire (1964-1985). Selon eux, cette limitation de leurs droits est un génocide contre les peuples indigènes et constitue également une attaque contre l’environnement.

Ce projet de loi, qui doit encore être soumis au Sénat avant d’entrer en vigueur, a été soutenu par des députés favorables à l’industrie agroalimentaire ainsi que par d’autres groupes d’opposition. Son approbation par la chambre basse du parlement représente un revers significatif pour le président Lula, qui avait promis de faire de la préservation de l’environnement une priorité après une forte hausse de la déforestation pendant le mandat de son prédécesseur d’extrême droite, Jair Bolsonaro (2019-2022).

La démarcation des terres indigènes est considérée par les scientifiques comme une mesure essentielle pour lutter contre la déforestation en Amazonie, la plus grande forêt tropicale du monde. Selon la Fondation nationale des peuples indigènes (FUNAI), le Brésil compte actuellement 764 territoires de peuples indigènes, mais environ un tiers d’entre eux n’ont pas encore été délimités.

Cette décision a suscité des réactions de protestation au Brésil, attirant également l’attention d’organisations écologistes et de militants internationaux, dont les acteurs américains Leonardo DiCaprio et Mark Ruffalo. Mark Ruffalo a tweeté avant le vote : « Il y a une guerre contre les peuples indigènes et les forêts. Notre planète est en danger. Lula, sois le héros que ton peuple a élu, empêche [le projet] d’avancer ».

Avant le vote, environ cent autochtones ont bloqué temporairement une route à la périphérie de Sao Paulo, mais ils ont été dispersés par la police à l’aide de gaz lacrymogènes, selon des images diffusées par la télévision locale. L’organisation de défense de l’environnement Observatorio do Clima a déclaré dans un communiqué que « la Chambre des députés a envoyé un message au pays et au monde : Bolsonaro est parti, mais l’extermination continue (…) Le Sénat a l’obligation de revenir sur les absurdités approuvées ».

Surpêche : l’Union européenne s’accorde pour muscler les contrôles et améliorer la traçabilité

Le Parlement européen et les États membres de l’Union européenne ont finalement trouvé un accord mercredi 31 mai 2023 pour renforcer les mesures de lutte contre la surpêche, après de longues années de négociations intenses. Le compromis final, issu d’un texte présenté par la Commission européenne en 2018, prévoit une surveillance accrue de tous les navires, l’introduction de caméras à bord des bateaux, une meilleure traçabilité des prises et des contrôles plus stricts.

Il aura fallu trois ans aux Vingt-Sept pour parvenir à un consensus sur cette question cruciale. La proposition de révision des méthodes de contrôle des activités de pêche de la Commission européenne remonte à mai 2018, mais les États membres ont mis du temps à définir leur position, ce qui a conduit à de longues négociations avec les eurodéputés, en particulier sur les marges d’erreur autorisées.

Le compromis final prévoit que tous les navires de pêche, quelle que soit leur taille, devront être soumis à une surveillance accrue. Ils devront enregistrer électroniquement leurs prises, et les États membres devront être en mesure de suivre la position de tous les bateaux de pêche. De plus, les navires de 18 mètres ou plus, considérés comme présentant un risque accru, devront s’équiper de « systèmes de surveillance électronique », tels que des capteurs ou des caméras embarquées.

L’objectif principal de ces mesures est de garantir le respect de l’obligation de débarquement, qui exige que toutes les prises soient déclarées et débarquées, et de lutter contre la sous-déclaration des captures. Les négociations ont été particulièrement difficiles sur la question de la marge d’erreur maximale tolérée entre les quantités estimées par les pêcheurs dans leur carnet de bord et les quantités réellement débarquées. La Commission européenne avait même menacé de retirer son texte si un accord jugé trop laxiste était conclu, car cela risquerait d’encourager la sous-déclaration.

La surpêche est une menace sérieuse pour les écosystèmes marins, la biodiversité et les communautés de pêcheurs qui dépendent de ces ressources. En adoptant ces mesures, l’Union européenne envoie un signal fort quant à sa volonté de protéger les océans et de promouvoir une pêche responsable.

La géothermie en conflit avec l’industrie touristique au Japon

Au Japon, l’industrie touristique est confrontée à un dilemme majeur : l’utilisation de la géothermie pour produire de l’électricité bas-carbone. Bien que cette idée puisse sembler séduisante, elle entre en contradiction avec les ambitions touristiques de l’archipel. La géothermie est une source d’énergie renouvelable qui offre un approvisionnement constant, 24 heures sur 24, sans émission de CO2. L’idée consiste à exploiter la chaleur et la vapeur présentes sous terre dans les zones volcaniques du Japon, en utilisant des turbines pour générer de l’électricité. Le pays, qui compte plus de cent volcans actifs, possède le troisième plus grand potentiel géothermique au monde, après les États-Unis et l’Indonésie. Selon une étude citée par le journal The Economist, le Japon pourrait ainsi couvrir 10% de ses besoins énergétiques d’ici 2050 grâce à cette technologie.

Cependant, malgré les avantages évidents de la géothermie, sa mise en œuvre pratique est beaucoup plus complexe. Les professionnels du tourisme au Japon s’inquiètent des conséquences sur leur secteur d’activité. Les bains publics, connus sous le nom de « Onsen », qui sont alimentés par ces sources chaudes naturelles, représentent une activité incontournable pour les touristes et une tradition immuable pour les habitants. Les quelque 3 000 hôtels qui bénéficient de cette attraction ne souhaitent pas voir des turbines apparaître à proximité de leurs établissements, dédiés au repos et à la détente.

De plus, environ 80% des zones géothermiques se trouvent dans des parcs naturels, ce qui soulève des problèmes environnementaux et réglementaires. Pour développer cette source d’énergie, il serait nécessaire de modifier les réglementations et d’accepter que des usines viennent altérer les paysages de forêts et de rochers. Cela met en évidence le dilemme complexe auquel sont confrontés les décideurs politiques : comment accélérer la transition énergétique tout en préservant l’emploi et l’environnement ?

Le Japon n’est pas le seul pays à se trouver dans une situation similaire. Récemment, une polémique similaire a éclaté en France concernant un projet de méga-parc de panneaux solaires en Gironde. L’installation de ce champ d’énergie solaire de grande envergure impliquait la suppression d’arbres sur des centaines d’hectares pour fournir de l’électricité à près de 700.000 foyers chaque année. Bien qu’il s’agisse d’une augmentation de l’énergie renouvelable, cela se fait au détriment de la végétation et de la biodiversité.

Il est clair que le débat de demain ne se résume pas à « pour ou contre l’écologie », mais plutôt à « comment choisir la solution la moins mauvaise ». Partout dans le monde, l’essor des énergies renouvelables promet de susciter des débats incessants et toujours renouvelés. La transition vers des sources d’énergie plus propres et durables nécessite une approche équilibrée qui tient compte des impacts environnementaux, sociaux et économiques.

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