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Le temps du Green Friday : repenser la consommation

Le Black Friday, importé des États-Unis il y a une dizaine d’années, est devenu le symbole le plus visible de l’hyperconsommation. Chaque mois de novembre, une vague de promotions s’abat sur le commerce mondial, transformant l’achat en réflexe immédiat et la possession en victoire rapide. Ce modèle, construit sur l’urgence et le volume, repose sur une mécanique simple : produire plus, vendre plus vite, livrer toujours plus loin. Derrière l’illusion de la bonne affaire se cachent pourtant des conséquences lourdes et mesurables.

En 2022, l’empreinte carbone du Black Friday dans le seul secteur de la mode a atteint 33 012 tonnes de CO₂ équivalent, soit une hausse spectaculaire de 72 % par rapport à une journée ordinaire évaluée à 19 325 tonnes. La pression logistique nécessaire pour répondre à la brusque inflation des commandes provoque elle aussi un choc massif : en Europe, les trajets de camions directement liés à cette période promotionnelle ont généré jusqu’à 1,2 million de tonnes de CO₂, ce qui représente une augmentation de 94 % par rapport à une semaine classique. Une part importante des biens achetés dans ce contexte ne connaît qu’une existence brève. Selon des évaluations menées au Royaume-Uni, près de 80 % des objets acquis à l’occasion du Black Friday finissent rapidement dans les décharges ou ne sont que très peu recyclés. L’idée même d’un objet durable se dissout dans la vitesse de son obsolescence.

Face à ce modèle saturé, le mouvement du Green Friday est né en France en 2017. Il ne s’agit pas d’une opération marketing alternative, mais d’une tentative collective de repenser le sens de l’acte d’achat. Le Green Friday affirme qu’un objet a une valeur intrinsèque qui dépasse son prix temporairement raboté. Il défend l’idée qu’un achat doit pouvoir se justifier dans le temps, qu’il soit porté par la qualité, la durabilité, la circularité des usages et le respect de celles et ceux qui produisent. Il cherche à sortir de la logique de l’accumulation et à redonner un poids moral, social et environnemental à nos choix de consommation. Là où le Black Friday réduit l’achat à un geste impulsif, le Green Friday tente de le rétablir comme un acte réfléchi, conscient et relié.

Ceci dit quelque chose de la société que nous voulons construire. Soutenir l’économie locale plutôt que les plateformes mondialisées, maintenir des centres-villes vivants plutôt que les désertifier, cultiver la proximité plutôt que l’anonymat. Lorsque l’on défend cette orientation, il ne s’agit pas de culpabiliser, mais de faire émerger un modèle de désir apaisé, exigeant, tourné vers la valeur plutôt que vers la frénésie.

Dans un monde qui confond souvent pouvoir d’achat et pouvoir de vivre, le Green Friday rappelle qu’un acte de consommation peut être un acte de responsabilité. C’est pourquoi Blois Capitale a ouvert un espace où l’on ne vient pas acheter vite, mais soutenir, rencontrer, et surtout choisir la qualité et le savoir-faire local, avec conscience. Une alternative lumineuse au vendredi noir.

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