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Législatives : les projections de Marc Fesneau et Mathilde Desjonquères

Marc Fesneau (Ensemble) contre Marine Bardet (Rassemblement National), tel est le duel final dans la première circonscription de Loir-et-Cher, dans le cadre des élections législatives anticipées. Avec 35,22% des voix exprimées, la candidate RN est sortie en tête devant le ministre de l’agriculture (34,56%). Mais celui-ci semble avoir beaucoup plus de réserves. D’autant plus que le Parti socialiste, Les Ecologistes, Les Républicains, le PCF, et le candidat Gildas Vieira invitent tous à voter Marc Fesneau, pour faire barrage à l’extrême droite. Jeudi, en soirée, avec sa colistière Mathilde Desjonquères, Marc Fesneau était dans le centre-ville de Blois, en campagne, afin de convaincre les électrices et électeurs. Entretien.

Blois Capitale : Si aucune vraie majorité ne se dégage dimanche, que pensez-vous de la faisabilité d’un gouvernement de coalition des communistes jusqu’au LR ?

Marc Fesneau : Est ce que des gens sont capables de dépasser leurs étiquettes de démarrage ? Regardez, mon texte agricole, il a été voté avec l’abstention des communistes et d’une partie des LR, et le vote pour des autres LR. Donc il peut y avoir des sujets sur lesquels on dépasse des clivages. Peut-on se dire qu’on laisse le pays naviguer avec rien ? C’est le premier point sur lequel il doit y avoir une réponse. Et ensuite, deuxièmement, il faut qu’on se mette d’accord sur les sujets sur lesquels on peut travailler ensemble. Ça ne peut pas être texte par texte selon moi. Il faut que ce soit plus puissant. On ne pourra pas juste dire qu’on a écarté l’hypothèse d’une majorité absolue du RN. La question du gouvernement est secondaire. La question est de savoir si on arrive à construire un projet. Jusqu’en 2027, qu’est-ce qu’on fait sur la sécurité, la santé, l’éducation, etc. ? Un gouvernement, ça ne peut pas être juste « je prends un communiste, je prends ceci, cela, etc. » Un gouvernement, ça ne peut pas être juste cela.

Blois Capitale : Le gouvernement actuel peut rester encore en place tant qu’il n’y a pas d’issue ?

Marc Fesneau : Oui, mais si rien ne change, cela veut dire que par exemple vous avez 130 députés pour soutenir vos textes… Dans trois mois, il y a un budget à voter. Il faut quand même qu’on se mette d’accord sur l’équation budgétaire. On peut payer les fonctionnaires par douzièmes, via des décrets d’avance. C’est tout. Et il y a quand même des budgets d’investissement à passer !

Blois Capitale : Vous connaissez particulièrement bien le monde politique, pensez-vous qu’il y a en France assez de maturité pour que des personnes de différents horizons s’accordent ?

Marc Fesneau : Si les électeurs font preuve de maturité, j’ose espérer qu’en face il y aura une maturité des responsables politique. Quand j’ai eu à demander à un candidat du MoDem de se retirer, je lui ai demandé avec la sincérité du pourquoi il devait le faire, et pas dans une idée tactique. Nous n’en sommes pas là.

Blois Capitale : Mais vous discernez quelles personnalités politiques pourraient dépasser des clivages dans un contexte de crise ?

Marc Fesneau : Oui, à-peu-près. Mais cela dépend de beaucoup de facteurs. Quels sont les étiages ? Le RN est à 180, 200 ou 250 ? Les LFI sont puissants ou affaiblis ? Tout cela va jouer.

Blois Capitale : Une coalition peut apaiser la situation ? Il y a beaucoup d’angoisses exprimées…

Marc Fesneau : Oui, nous avons croisé plein de commerçants aujourd’hui, les gens sont très inquiets, sincèrement inquiets ! Ils se demandent où va le pays. C’est impossible que derrière des responsables politiques disent : « Moi j’attends 2027, moi je ne suis pas majoritaire, moi je ne veux rien faire », il va falloir que tout le monde prenne ses responsabilités.

Blois Capitale : Nous avons proposé à Marine Bardet (RN) de vous soumettre une question. La voici : à quoi servirez-vous si vous êtes élu député au sein d’un groupe sans pouvoir à l’Assemblée nationale ?

Marc Fesneau : Ce que j’ai toujours fait, c’est à dire servir mon territoire, mais je pense qu’elle ne comprend pas bien ce que ça veut dire que servir son territoire. Vous voyez, quand vous avez été ministre pendant six ans, vous connaissez des tas de gens, vous pouvez pousser les dossiers. Je peux être aussi responsable d’un groupe. Ce n’est pas nouveau, je m’intéresse à ce territoire, et elle le découvre parce que la dernière fois elle était à Vendôme, peut-être que la prochaine fois elle sera à Romorantin*…

Blois Capitale : Nous avons également proposé à Michel Pillefer (LR) de vous poser une question. La voici : acceptez-vous les voix en provenance de LFI ?

Marc Fesneau : On ne choisit pas les voix, je ne trie pas les électeurs. Nous sommes en démocratie. Un électeur, ça se respecte puisqu’il vote. Il y a un droit de vote. Vous ne dites pas : « Je veux ces voix et pas les autres. » Ce n’est pas comme cela que ça se passe. Vous êtes le représentant d’un territoire, vous ne faites pas le tri des opinions. Après, si la question est : veut-on gouverner avec LFI ? La réponse est non.

Marc Fesneau et Mathilde Desjonquères

Blois Capitale : Comment abordez-vous ce second tour nationalement ?

Mathilde Desjonquères : Alors, je dirais avec inquiétude. Comme le dit Marc Fesneau, il ne s’agit pas de dire de voter contre. Il faut un projet avec des gens qui arrivent vraiment à se parler. Il y a des liens à reconstruire, des liens politiques et des liens humains. Nous avons une société qui est quand même fracturée et en même temps, on est dans un vrai moment démocratique.

Blois Capitale : Comment faire un projet des communistes jusqu’à LR ?

Mathilde Desjonquères : En se parlant, en s’écoutant, ça fonctionne dans plein d’autres pays européens, je ne vois pas pourquoi en France ça fonctionnerait pas. Si on fait un focus sur Marc Fesneau dans son rôle de ministre et moi en tant que députée, lui il a effectivement la loi agricole votée. Moi de mon côté, un de mes sujets a été la transmission et la préservation des savoir-faire dans les métiers d’art et d’artisanat. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais en discutant et en échangeant j’ai 35 députés qui m’ont suivi pour cosigner un courrier. Il y avait des LR, des LIOT…, il y en a quand même 35 que j’ai réussi à embarquer et donc cela veut bien dire qu’à un moment donné en échangeant, en partageant et en s’écoutant, on y arrive quand même. On arrive quand même à des compromis. Ce sera à faire maintenant au niveau du gouvernement. J’ai toute confiance en un Marc Fesneau pour faire dialoguer les gens.

Blois Capitale : Votre expérience de députée vous laisse donc penser qu’une coalition est possible ?

Mathilde Desjonquères : Je ne sais pas qui va être en place, mais en tout cas chez mes anciens collègues, que ce soit chez les LR, PS, LIOT, et différents partis de la majorité, les gens se parlaient. Après savoir quelles personnalités vont ressortir, il faut attendre dimanche soir. Mais quoi qu’il en soit, personne ne détient la vérité, ce n’est pas blanc ou noir. Donc il faut arriver à vraiment à s’entendre.

Blois Capitale : Mais il ne faut pas une opposition nombreuse en capacité de faire tomber tous les gouvernements…

Mathilde Desjonquères : Dire non pour dire non, cela n’a pas de sens. Maintenant, j’ai vu des choses complètement contradictoires pendant deux ans. Quand j’entends le député Chudeau (RN), au débat du Medef, dire qu’il faut travailler sur l’attractivité de la France, le pouvoir d’achat etc. alors qu’en fait, ils se sont opposés, alors qu’ils ont voté contre les textes il y a seulement quelques semaines à l’Assemblée nationale… Mais on verra bien ce qui sortira des urnes dimanche soir. C’est compliqué de faire de la politique fiction. Après effectivement, l’idée de travailler sur les textes ensemble semble une bonne idée. On a toujours porté cela au MoDem.


*Marine Bardet a souhaité exercé un droit de réponse. Le voici :

Monsieur le Ministre sortant, cher Marc,

Pour votre information, lorsque je me suis présentée aux élections législatives de 2022, je résidais à Molineuf, commune située sur la troisième circonscription de Loir-et-Cher bien que limitrophe de la première. Ce n’est que quelques mois plus tard que je suis devenue propriétaire et me suis installée à Blois pour me rapprocher de ma famille. Il était donc cohérent que je me présente là où je réside au moment de ces élections anticipées. Je vous rappelle que la commune dont vous étiez Maire jusqu’à votre députation en 2017 est également située sur la 3ème circonscription donc je vous saurais gré de vous abstenir de ce genre de commentaires.

Vous savez autant que moi, qu’être député ne s’arrête pas aux limites d’une circonscription mais s’étend à l’ensemble du territoire national.

Je suis par ailleurs, conseillère en immobilier de profession et conseillère régionale. Je connais donc parfaitement les problèmes auxquels sont confrontés nos concitoyens notamment en matière de logement ! Avec mon suppléant, nous sommes connectés à la vie réelle, au quotidien des habitants de cette circonscription. La campagne électorale qui s’achève (et la tension apparente qui vous accompagne) ne doit pas être constitutive de propos affabulatoires à mon égard.

En vous souhaitant une bonne fin de campagne.

Marine BARDET

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